Francouvertes: diamants bruts pour une 15e cuvée

La 15e cuvée des Francouvertes dévoilait hier, au Lion d'Or, les noms des musiciens qui y concourront. Vingt et un groupes et artistes se battront cette année pour les faveurs des juges et du public. Avec ses nouveaux règlements, Les Francouvertes amènent, selon la directrice Sylvie Courtemanche, «plus de découvertes, même pour ceux qui connaissent la scène émergente».

C'est le «cas Bernard Adamus» venu l'an dernier aux Francouvertes avec un bon élan professionnel, qui a été «la goutte qui nous a décidés à faire les modifications auxquelles on pensait depuis des années, explique Sylvie Courtemanche en entrevue au Devoir. D'année en année, le niveau des artistes était plus élevé. Je ne parle pas seulement du niveau artistique, mais aussi de la démarche de professionnalisation.»

Les participants, désormais, ne doivent avoir ni contrat de disques ni licence avec un producteur, et ce, jusqu'à leur premier passage sur la scène Francouvertes. Les musiciens doivent aussi avoir vendu moins de 1000 albums, y compris les numériques.

Les candidatures ont été moins nombreuses, avec quelque 210 dossiers au lieu des 250 de l'an dernier. La directrice Sylvie Courtemanche, habituée aux fluctuations dans le nombre des aspirants, n'attribue pas cette baisse à la nouvelle charte. Mais elle croit que l'on verra au concours, consignes obligent, davantage de «diamants bruts».

Le premier spectacle, sur les 11 que compte le concours, se tiendra le 7 février. Myëlle en sera, qui s'est démarquée lors du dernier Festival en chanson de Petite-Vallée. Chloé Lacasse aussi, habituée des concours. Également Isabeau et les chercheurs d'or, Tracteur Jack, Canailles, Cardinal, Hugo Bourcier, Eugène et le cheval, Mordicus, Le Kid et les Marinellis, Il danse avec les genoux, Auguste, Filon d'Art, Emile Gruff, Benoit Rocheleau, Tako Tsubo, Karo et Moi, Karim Ouellet, Les Handclaps, Les Incendiaires et Harvee.

La finale se jouera le 3 mai, et le gagnant ira rejoindre les Karkwa, Damien Robitaille, Loco Locass et Alfa Rococo parmi les lauréats des Francouvertes.

Malgré sa 15e édition, ce concours de la relève musicale ne voit pas encore sa pérennité assurée. «On est revenu à 15 000 $ de financement public, le niveau qu'on avait pour la 9e édition, souligne la directrice. Même les plus petits concours moins connus ont plus que ça. Les programmes changent, les enveloppes ne grossissent pas, la seule chose qui nous tient, c'est notre commanditaire, Sirius.» L'abondance de courses musicales explique peut-être la situation. Mais aux Francouvertes, «ce n'est pas l'aspect concours qui est essentiel, précise Sylvie Courtemanche, c'est la vitrine exceptionnelle qu'on offre aux jeunes artistes. Il y a les rencontres artistiques, les médias qui sont là, le fait qu'on soit à Montréal... Les prix qu'on offre servent à pousser leur carrière. Ce sont des trousses de travail, des heures en studio d'enregistrement, par exemple.» De quoi donner aux musiciens une bonne lancée.

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