Jerome Minière - Des pieds qui dansent, des mains qui tapent, une foule qui rit

Photo: Jacques Grenier - Le Devoir

Jérôme Minière n’a peut-être pas l’énergie volcanique de Yann Perreau, mais vendredi soir, pour sa rentrée montréalaise au La Tulipe, il s’est payé une soirée dansante à souhait, parsemée de moments cocasses.

Les morceaux de son plus récent disque Le Vrai le faux étant parmi les plus entraînants du répertoire du natif d’Orléans, on espérait que Minière jouerait la carte du groove. D’autant plus qu’il n’est peut-être pas Perreau, mais qu’il lui avait quand même chipé son claviériste Alex McMahon pour l’occasion.
 
Et c’est pile ce qui s’est passé. Les claviers ont ronronné tout au long, jouant à la fois le rôle de la basse et de l’appui mélodique, faisant battre les pièces d’une énergie un peu kitsch, mais hyper dansante. C’était vraiment chouette sur Des pieds et des mains, et surprenant sur Poussière d’or, réinventé pour l’occasion.
 
Même Jérôme Minière, au naturel plutôt timide, a surpris pendant un enchaînement des pièces Dans ton oreille, Une chanson toute nue et Rien à vous dire. Profitant d’un moment volontairement rétro, le chanteur a sorti son boa rouge et ses lunettes fumées, s’accrochant au cou une boîte à rythme en délirant comme rarement on l’avait vu. Minière qui sautait partout, son micro à la main? Hé ben!
 
Jérôme Minière s’est aussi amusé entre ses blocs musicaux à nous faire rire avec des diapos et des vidéos reprenant l’esthétique des capsules animées qu’il avait mises en ligne pendant les semaines précédant la parution de Le Vrai le faux. Pastiche de Google Maps, apparition de Bob, le patron de la Frime, délire sur les électro-sensibles réfugiés en forêt… l’imaginaire de Minière n’est visiblement pas près de l’épuisement. Le gars prend la musique au sérieux, mais ne se prend pas au sérieux.
 
Le public a eu droit aux douze pièces de Le Vrai le faux, mais aussi à presque autant de plus anciens morceaux, comme Histoires d’espions – tirées de la trame sonore du film Du Pic au cœur –, Un Avis de défaite (lancée en 1996!) ou Complainte d’un produit de l’imagination, de son époque Herri Kopter. Un constat se dégage : selon les époques, Jérôme Minière s’est beaucoup transformé dans le son et le ton, mais il a toujours eu le sens du refrain et de la formule. Le voici aujourd’hui à son meilleur.