Florence K à l'Astral - L'ange et la diablesse

Elle recevait hier soir pour sa fiesta de navidad, sa soirée de Noël mâtinée presque exclusivement des pièces de son nouvel album Havana Angels. C'est l'ange qui mord dans le blues et la diablesse de bonne famille qui s'élève avec un chœur; l'ange en feu qui pousse sur la salsa ou la charmante cornue qui attendrit et se laisse attendrir par plusieurs classiques du temps des fêtes qu'elle met à sa sauce, piquante ou traditionnelle. Elle réserve aussi des pièces de son cru.

Accompagnée d'un excellent groupe de musiciens dont quelques noms à consonance latino, elle propose un répertoire majoritairement interprété en anglais. Mais le fond métis de cette jeune artiste à la vieille âme n'est jamais bien loin. Elle lance Santa Baby en tablant sur les contrastes entre le jazz intime et le feu cubain. Elle relance un Blue Christmas doucement percuté avec harmonies vocales et une trompette veillotte qui n'est pas sans rappeler le son rustique des premiers sones.

Elle s'emporte à la cubaine sur Little Angels. Les références sont bien maîtrisées et les punchs, convaincants, même si le développement des pièces ne permet pas toujours les développements corrosifs typiques des salseros. Elle remettra toutefois ça plus tard avec un pot-pourri de ses pièces les plus calientes et un Merry Christmas Baby tout en blues alors qu'elle explore tour à tour la délicatesse, le grondement et le clair obscur au piano.

Entre tous ces moments, elle se permettra un rappel de l'atmosphère élégante du danzon, se donnera de l'espace sur les profondeurs d'une contrebasse à archets dans une pièce de Jobim, se plongera dans le recueillement du gospel, se risquera à la guitare, et offrira même une tournée de rhum à son auditoire. Elle a tout de l'artiste aux mille talents. Prochain arrêt, ce soir ... au Festival de jazz de La Havane!

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Collaborateur du Devoir