Concerts classiques - Sons et lumières

N'hésitez pas, ce soir, à aller jeter un oeil sur votre téléviseur à partir de 21h. Radio Canada diffusera en léger différé de la Basilique Notre-Dame ce concert de Noël fort agréable. Il le sera probablement d'autant plus que le format télévisuel concentré sur une heure éludera les quelques tunnels comme les Noëls pour les instruments de Charpentier par un orchestre trop fourni en cordes, enterrant les sons de flûte, et les trop longs extraits de Casse-noisette.

On ne peut qu'espérer que les caméras rendront la véritable féerie coloriste créée par de véritables magiciens de la lumière à la basilique. Contrairement aux concerts du Messie de Haendel ces créations n'éblouissaient pas intempestivement les spectateurs.

Le son était légèrement amplifié dans les parties vocales, se mélangeant parfaitement à l'arrière de la nef, mais moins idéalement pour les auditeurs proches des enceintes acoustiques. Le procédé posait aussi un dilemme à Susan Graham: devait-elle chanter, pas trop fort, pour les micros, ou, avec plus d'ampleur, pour le public en direct. Elle a choisi, les trois quarts du temps de privilégier les micros.

L'ambiance s'est vraiment détendue lorsque la chanteuse a pu crooner White Christmas et reprendre Joy to the world après une bévue qui a amusé tout le monde; elle la première. On relèvera la belle prestation des enfants; ils ont chanté avec distinction et précision, sans pousser vulgairement leurs voix.

Un dernier mot sur les arrangements diversement réussis, ceux de John Moss, très amusant dans White Christmas, et de Simon Leclerc dans Mon beau sapin, se détachant du lot. Il était amusant de voir Kent Nagano tempérer l'orchestre dans Minuit chrétiens dont le cadre sonore évoquait plutôt Ben-Hur. Dans ce cas, choisir d'emblée un arrangement plus sobre est peut-être la meilleure idée!