Trente ans après sa mort, John Lennon célébré de Liverpool à New York

La mélancolie était au rendez-vous dans un secteur de Central Park baptisé Strawberry Fields.<br />
Photo: Agence Reuters Mike Segar La mélancolie était au rendez-vous dans un secteur de Central Park baptisé Strawberry Fields.

New York — De Tokyo à New York, en passant par sa ville natale Liverpool, les fans de par le monde ont célébré hier dans l'émotion le 30e anniversaire de la mort de John Lennon, l'ancien Beatle assassiné le 8 décembre 1980.

«Aujourd'hui, en cet anniversaire douloureux, je vous prie de vous joindre à moi dans l'hommage rendu à John, dans l'amour et le respect», a écrit sa veuve, Yoko Ono, qui était aux côtés de John Lennon quand il a été abattu de quatre balles dans le dos à New York.

«Malgré une vie courte, de seulement 40 ans, il a tant donné au monde. Il continue à nous donner des leçons. John, je t'aime», ajoute-t-elle dans un tweet en japonais.

Yoko Ono réside toujours au Dakota, l'immeuble huppé de Central Park devant lequel Lennon a été assassiné. Elle devait mener les célébrations en participant au 10e concert annuel Dream Power John Lennon Super Live. Lancé par Yoko Ono, le spectacle réunit des artistes japonais au profit d'écoles venant en aide aux enfants défavorisés.

Les hommages rendus à la star prenaient une résonance particulière à Liverpool, berceau des Beatles, dans le nord-ouest de l'Angleterre.

Une veillée y a été organisée hier soir en présence de quelques centaines de personnes, au pied d'une sculpture dévoilée le 9 octobre dernier, jour où Lennon aurait eu 70 ans. L'oeuvre est baptisée Peace and Harmony (Paix et Harmonie) et représente des colombes volant au-dessus d'un globe entouré de symboles musicaux.

«Le monument a déjà une signification internationale: des gens du monde entier viennent à Liverpool pour rendre hommage à John Lennon», a déclaré Jerry Goldman, un des responsables de The Beatles Story, musée consacré au groupe.

Aujourd'hui, dans la même ville, un concert sera donné par des amis de Lennon et des artistes qui ont travaillé avec lui, avec une prestation des survivants de son premier groupe, The Quarrymen.

De l'autre côté de l'Atlantique, des centaines d'admirateurs, surtout des étrangers, se succédaient à New York dans un secteur de Central Park baptisé Strawberry Fields, une allusion à la chanson des Beatles Strawberry Fields Forever.

En cette froide journée d'hiver, la mélancolie était au rendez-vous lorsque les groupes successifs entonnaient en choeur Imagine, Don't Let Me Down ou Eight Days a Week. Certains étaient venus spécialement, comme un couple d'Argentins, Romulo Audenci et sa femme, qui se trouvaient en voyage de noces aux États-Unis lors de l'assassinat, et sont revenus en pèlerinage 30 ans après avec leurs trois filles.

Le monument commémoratif, avec en son centre une mosaïque et l'inscription «Imagine», se trouve en face de l'endroit où Mark David Chapman, un jeune instable qui avait 25 ans à l'époque, avait fait feu sur Lennon. Condamné à la perpétuité, le meurtrier est toujours en prison au nord de New York, et la liberté conditionnelle lui a été refusée à six reprises.

«Des héros morts»

Le magazine américain Rolling Stone a publié hier des extraits inédits de la dernière entrevue de John Lennon, donnée trois jours avant sa mort, dans laquelle l'ex-Beatle regrettait que ses fans veuillent «des héros morts».

Le chanteur s'en prend à ses fans et aux critiques, qui n'avaient pas digéré qu'il se retire du monde de la musique, cinq ans auparavant. «Ce qu'ils veulent, explique Lennon, ce sont des héros morts, comme Sid Vicious [bassiste des Sex Pistols, mort en 1979] et James Dean [mort en 1955]».

«Je n'ai aucun intérêt à être un putain de héros mort [...] n'y pensons plus, n'y pensons plus», lance l'artiste.

Les Beatles restent l'un des groupes les plus populaires du monde: quelque deux millions de chansons ont été vendues la première semaine ayant suivi leur diffusion inédite sur le site iTunes d'Apple.
 
2 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 9 décembre 2010 09 h 26

    Imagine

    Pour moi le message central de Lennon est dans la chanson Imagine.

    Il n'y aura pas de paix sur terre tant que nous ne nous serons pas débarrassé des trois cancers que sont:
    1)la religion
    2) le nationalisme
    3) le fric a tout prix

    Tous les conflits sont dus a un ou plusieurs de ces cancers..

    Mais comme disait Lennon...."I wonder if we can..."

  • Gilbert Talbot - Abonné 9 décembre 2010 13 h 28

    @André Michaud

    Bien d'accord avec toi. Il me semble qu'il disait plutôt : «I wonder if you can». À vérifier.