La musique à l'université - Création, interprétation ou formation: c'est au choix

Pierre Vallée Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Les facultés et écoles de musique des universités québécoises offrent toutes, sans exception, la gamme complète des formations musicales de base: interprétation, écriture, musicologie, etc. Mais chacune cherche à se démarquer en mettant l'accent sur un aspect ou l'autre de la formation musicale. Bref portrait de quatre d'entre elles.

«L'accent chez nous est mis sur la création, explique Sylvain Caron, doyen de la Faculté de musique de l'Université de Montréal. Et, par création, nous n'entendons pas seulement l'écriture et la composition, mais toutes les activités musicales, que se soit l'interprétation et même la recherche.»

La Faculté de musique se situe aussi à la convergence des cultures musicales. «Nous touchons à la musique classique, au jazz, à la musique contemporaine, aux musiques du monde. Nous avons créé un environnement culturel où les étudiants en musique sont en contact avec autre chose que leur seul champ de spécialisation.» La musique électroacoustique est aussi à l'honneur. «Le secteur électroacoustique est très dynamique. Nous considérons les outils électroniques comme une nouvelle forme de lutherie.» La Faculté de musique est aussi une des rares facultés à offrir une formation en composition pour le cinéma et la vidéo.

La recherche musicale est aussi un important pôle d'activité. «Nous sommes la plus importante faculté de musique francophone dans le monde dans le domaine de la musicologie. De plus, nous intégrons la recherche à la création, de sorte que nos chercheurs sont aussi des créateurs.» Et cette recherche peut être très pointue. «Par exemple, en faisant la conjonction entre la musique et les sciences, on en vient à étudier la psychologie de la musique à l'aide des neurosciences.» Bref, tradition et modernité se côtoient. «Nous cherchons à former des musiciens qui pourront concevoir la musique de demain.»

Université de Sherbrooke

«Ce qui nous distingue et forge notre philosophie, c'est notre petite taille, explique Anick Lessard, directrice de l'École de musique de l'Université de Sherbrooke. Comme nous comptons seulement 200 étudiants, dont la moitié à temps plein et l'autre à temps partiel, il nous est possible de proposer à nos étudiants un encadrement plus personnalisé ainsi qu'un cheminement particulier.»

Au niveau du baccalauréat en musique, l'étudiant a le choix entre cinq profils: interprétation musicale classique, interprétation musicale jazz, multimédia, musique et culture, pédagogie musicale. «Le cheminement en pédagogie musicale est offert en collaboration avec l'Université Laval. Nous avons aussi un baccalauréat en éducation musicale, toujours avec l'Université Laval, qui est en quelque sorte un double baccalauréat. Par exemple, l'étudiant peut faire un baccalauréat en interprétation tout en obtenant son brevet d'enseignement. Quant au cheminement en musique et culture, il prépare l'étudiant à la maîtrise en musicologie.»

L'École de musique offre aussi des certificats et des microprogrammes ainsi qu'une maîtrise en direction chorale. «Cette maîtrise se donne aussi à notre campus de Longueuil.» On cherche aussi à donner aux étudiants une certaine polyvalence. «Les musiciens qui travaillent sont généralement des musiciens polyvalents qui sont capables de toucher à plusieurs aspects de la musique.»

Université McGill

«Le vaste éventail de nos champs d'intérêt et de nos cheminements est l'un de nos principaux atouts, explique Gordon Foote, doyen de l'École de musique Schulich de l'Université McGill. L'autre est sans aucun doute la recherche. Nous recevons près de 80 % de toutes les subventions en recherche musicale au Canada.»

La théorie musicale, la composition musicale et l'histoire musicale sont les principaux champs de recherche. «Mais nous avons aussi développé un secteur de recherche multidisciplinaire où se côtoient les médias, les technologies et les sciences du cerveau. On étudie, entre autres, les réponses émotives à la musique.»

La pratique de la musique est aussi un des traits caractéristiques de l'Université McGill. «Nous sommes particulièrement fiers de la qualité de nos ensembles de musique. Que ce soit en musique classique, en jazz, en opéra ou en chant choral, nos ensembles musicaux sont parmi les plus performants en Amérique du Nord. Plusieurs de nos ensembles, comme l'a fait récemment un de nos quatuors à cordes, remportent des compétitions internationales. Ces succès nous permettent aussi d'attirer chez nous des professeurs de réputation internationale.»

Université Laval

«Bien que nous ayons une offre plutôt complète en interprétation, en composition et en musicologie, c'est surtout l'éducation musicale qui nous distingue, explique Paul Cadrin, doyen de la Faculté de musique de l'Université Laval. Nous avons fait de l'éducation musicale une spécialité.»

Au premier cycle, ce cheminement vise à former des enseignants en musique qui, brevet en poche, iront ensuite enseigner dans le milieu scolaire. «Nous avons aussi une orientation en didactique instrumentale pour les personnes qui se destinent à donner des cours d'instruments dans les écoles et les studios de musique privés. Il ne faut pas oublier que l'enseignement privé de la musique est très développé au Québec. Aux cycles supérieurs, on cherche surtout à former des agents de recherche. Nous sommes d'ailleurs la seule université dans la francophonie à offrir un doctorat en éducation musicale.»

Autre atout de la Faculté de musique de l'Université Laval: sa bibliothèque. «Notre bibliothèque loge la plus importante collection de musique au Québec et l'une des plus importantes dans la francophonie.» Outre les disques, les CD et les partitions, on y trouve une quantité impressionnante de livres, dont des livres rares. «Nous avons des livres qui remontent au Régime français, puisque nous avons hérité de la collection du Séminaire de Québec.»

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Collaborateur du Devoir