«L'enseignement des arts est une passion qui peut devenir contagieuse»

Thierry Haroun Collaboration spéciale
Photo: Yves Beaulieu

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

«Pandémie artistique; une passion contagieuse» est le slogan qui chapeaute le Congrès 4 arts 2010, où se rencontrent les enseignants de musique, d'arts plastiques, de danse et de théâtre. Qu'en est-il?

La Fédération des associations de musiciens éducateurs du Québec (FAMEQ) n'est pas la seule à organiser cette «Pandémie artistique», cette 6e mouture du Congrès 4 arts qui accueillera plus de 800 éducateurs venant de partout au Québec. Elle le fait conjointement avec trois autres associations d'enseignants en arts, soit l'Association québécoise des éducatrices et éducateurs spécialisés en arts plastiques, l'Association québécoise des enseignants de la danse à l'école et l'Association théâtre éducation Québec. On aura compris que cette manifestation allie le monde de la danse, du théâtre, des arts plastiques et de la musique.

En ce qui a trait au slogan du colloque, Hélène Laliberté, présidente de la FAMEQ et pianiste de formation, s'est fait un devoir de le définir. «On a choisi ce thème parce qu'on souhaite que la culture et les arts se répandent de façon pandémique dans les toutes les écoles du Québec. L'enseignement des arts est une passion qui peut devenir contagieuse, laquelle va se communiquer à travers tout le milieu scolaire. C'est d'ailleurs un congrès très important, étant donné qu'il englobe quatre disciplines artistiques.»

Une occasion unique de partager les connaissances et les toutes dernières innovations, rappelle-t-elle. «C'est vraiment une occasion de nous réunir par l'entremise d'ateliers, de rencontres dans les corridors ou encore en allant de salle en salle. C'est aussi un moment qui nous permet de nous ressourcer et d'être à jour sur bien des sujets que nous avons en commun.»

Au menu

Le programme est bien garni: plus de 115 ateliers, de nombreuses conférences, des invités de marque, des musiciens de renom d'ici et d'ailleurs, un grand concert et beaucoup d'enseignement. À titre d'exemple, dans le volet consacré aux arts dramatiques, il est notamment question du texte au primaire, d'art dramatique et multimédia (mille mots pour s'en faire une image), de la marionnette à l'école, de la mise en train, de la boîte à outils pour indisciplinés et de la gestion participative d'une classe.

En arts plastiques, on parle entre autres de jeu vidéo, du patrimoine religieux, du dialogue entre création et enseignement, de l'impact de la culture sur la construction de l'identité du créateur, d'innovation et d'interdisciplinarité. Du côté de la danse, les congressistes auront l'occasion de jumeler danse et multimédia (un art vivant), de s'initier à la danse gumboots, à la musique et à la danse du Moyen-Orient, de réfléchir sur l'intégration de la danse urbaine et de la danse traditionnelle québécoise, de découvrir la slam-poésie de même que les joies de l'improvisation.

Et, en musique, on traite notamment de la pédagogie au XXIe siècle, de l'improvisation (un chemin vers l'expression de soi), de la respiration, des caractéristiques professionnelles de l'enseignant de musique, du musicien tel un athlète qui s'ignore, de l'harmonie, de 50 chansons pour votre chorale, de la pédagogie du rythme par le beat-box ou encore du gospel à l'école. Alléluia!

Multimédia

Qui dit aujourd'hui enseignement des arts dit multimédia, c'est du moins ce que laisse clairement entendre Mme Laliberté. «Le congrès de cette année se démarque des précédents par le fait qu'il y a un important volet qui est consacré au multimédia et aux technologies de l'information. À ce titre, il y a une table ronde qui est organisée, il y a des experts qui partageront leurs connaissances, il y a de nombreux ateliers, et ainsi de suite. Les technologies de l'information et des communications contribuent désormais de manière importante à l'enseignement des arts. J'ajouterais de plus que ce volet est soumis à la question suivante: est-ce que le multimédia est un virus ou un antidote? Ce qui, de fait, soulève les avantages et les désavantages de ce domaine.»

Cela dit, l'un des organismes qui coordonnent ce volet est le service national du RÉCIT domaine des arts. C'est un réseau de personnes-ressources dédié à l'intégration pédagogique des technologies de l'information et de la communication dans les écoles du Québec. Son animateur, Yves Lemay, précise que son organisme «organise trois ateliers, dont l'un d'eux s'intitule "Mains sur les touches". Ici, le participant a un ordinateur par lequel il allie la démarche multimédia et la scénographie. Vous savez, le multimédia est devenu incontournable dans l'enseignement des arts.»

En conclusion, Hélène Laliberté souhaite que, au terme de ce colloque, les participants aient le sentiment «d'avoir découvert de nouvelles démarches sur le plan de l'enseignement».

***

«Pandémie artistique;

une passion contagieuse»

Jusqu'au 27 novembre aux hôtel Delta et Hilton de Québec.

***

Collaborateur du Devoir