Jazz et blues - Les blues de la diva

Le nouvel album de Cassandra Wilson, dite la Diva, appartient à la catégorie du mi-figue, mi-raisin. Un coup c'est bon, très bon même, un coup ça l'est moins parce que trop maniéré. Peut-être qu'il est ainsi, cet album intitulé Silver Pony sur étiquette Blue Note, à cause de la... mémoire! La musicale évidemment.

Voilà, on aime bien Wilson lorsqu'elle entame des standards, des classiques, ou lorsqu'elle part à l'aventure. Lorsqu'elle prend des risques. Mais quand elle s'attaque au blues, on a l'impression qu'elle passe à côté. Cela tient essentiellement au fait que sa voix est trop sophistiquée, trop perfectionnée, donc trop froide.

Prenons le vieux St. James Infirmary et le presque aussi vieux Forty Days, Forty Nights. Sur ces pièces d'anthologie, c'est le cas de le dire, Sidney Bechet, Roosevelt Sykes, Muddy Waters, Willie Dixon et d'autres ne se sont jamais cassé les dents. Ils n'ont jamais été hors sujet parce que leurs interprétations, vocales autant qu'instrumentales, étaient au diapason des mots, des histoires racontées.

Là où ces messieurs étaient aussi humbles que sensibles, Wilson est hautaine. Autant sa voix colle à merveille à Lover Come Back, autant on trouve qu'elle est hors des clous lorsqu'elle tente de s'approprier St. James Infirmary. Cela étant, elle est flanquée d'excellents musiciens: Marvin Sewell à la guitare, Reginald Veal à la contrebasse, Herlin Riley à la batterie, Jonathan Baptise au piano, et d'autres fines lames invitées sur certains morceaux.

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On l'a déjà écrit, on le répète: le tromboniste Richard Gagnon est un homme courageux sans être pour autant inconscient. Cette distinction, cette singularité, tient tout d'abord à un chiffre: quatre. De-que-cé? Quatre trombones. Quand on sait qu'il est plus difficile de séduire ou convaincre sur cet instrument que sur le saxo ou la trompinette, mettons que rassembler autant de trombones tient du pari. Risqué, le pari.

Toujours est-il qu'après avoir publié un très bon album il y a quelques mois, Gagnon va se produire sur la scène de L'Astral. Quand? Ce soir à compter de 20h. Outre Gagnon, les autres s'appellent Jean-Nicholas Trottier, David Martin, Serge Arseneault, Muhammad Abdul Al-Khabyyr, puis Robert Ellis au trombone basse et au tuba. La formation rythmique sera formée de Gaétan Daigneault au piano, de Frédéric Grenier à la contrebasse et du très sûr Dave Laing à la batterie.

Si le spectacle est à l'image, si l'on peut dire, de l'album de Gagnon, alors ça va déménager. Et pas à peu près.

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Plus tard dans la semaine, le 2 décembre pour être exact, le big band de l'Université de Montréal, qui rassemble des profs réputés pour être surtout d'excellents musiciens, occupera la scène de la salle Claude Champagne. Ils seront sous la direction du trompettiste Ron Di Lauro. Parmi les membres de l'orchestre, on a retenu la présence des contrebassistes Frédéric Alarie et Michel Donato, des guitaristes Michael Gauthier et Reno De Stefano, du tromboniste Jean-Nicholas Trottier et du vétéran Pierre Leduc au piano.