La réincarnation du roi-soleil égyptien...

Pour Hymn to the Universe, Bill Coleman s'est entouré de dix coeurs, dix danseurs, parmi les meilleurs au pays.<br />
Photo: Paul-Antoine Taillefer Pour Hymn to the Universe, Bill Coleman s'est entouré de dix coeurs, dix danseurs, parmi les meilleurs au pays.

Le Sun Ra Arkestra est l'orchestre de la longévité, le plus vieux groupe du monde. Oui, oui, oui... Parce que, faut le savoir, cette formation a été fondée par la réincarnation du roi-soleil égyptien. De son vivant, terrestre il faut le préciser, Sun Ra, alias Herman Blount, affirmait qu'il avait commencé ses explorations musicales bien avant que Teilhard de Chardin ne compose ces livres qui ont inspiré le chorégraphe Bill Coleman.

Depuis que Sun Ra a mis entre parenthèses sa vie ici-bas, Marshall Allen, saxophoniste n'ayant pas son pareil pour décaper les neurones, pour déconstruire les standards du jazz, a repris le bâton du chef d'un orchestre qui est davantage une coopérative qu'un big band au sens classique du terme. Une coop qui cultive encore et toujours ce brin de folie qui fait que, lorsque ses membres jouent une composition de Monk ou d'Ellington, ils se l'approprient totalement, le morceau de l'autre.

Depuis (bis) que le «marshall» de l'Arkestra préside, il en va aujourd'hui comme il en allait hier. Ils jouent aussi souvent aux quatre coins du globe, particulièrement en Europe, et enregistrent tout autant. À telle enseigne que le nombre de disques publiés dépasse ceux publiés par la combinaison Duke Ellington-Count Basie.

Le plus drôle, dans leur longue histoire, est ceci: ils ne se répètent jamais. Cette singularité s'explique avant tout par ce souci éternel ou constant qu'ils ont d'injecter joie et fraîcheur dans chacune des notes jouées par cette phalange musicale unique au monde.