Le Vent du Nord et Breabach en tournée - La rencontre des alter ego

Le Vent du Nord est l’un des principaux ambassadeurs de la musique trad depuis une décennie.<br />
Photo: Stéphane Najman Le Vent du Nord est l’un des principaux ambassadeurs de la musique trad depuis une décennie.

Le Vent du Nord, groupe de l'année au dernier Gala des prix de musique folk canadienne, lance un disque splendide avec l'Orchestre symphonique de Québec (OSQ) et part en tournée avec Breabach, son alter ego écossais. Au menu, 13 concerts du 2 au 29 décembre. Le 16, ils s'arrêtent au Petit Champlain, et le lendemain, ils débarquent à la Maison de la culture Mercier.

Les deux groupes partagent cette faculté de pénétrer profondément les airs intimes et d'en brasser d'autres avec une sensibilité singulièrement créative. Fortement implantés dans leur tradition respective, les deux en repoussent également les limites avec subtilité. Le Vent est l'un des principaux ambassadeurs de la musique trad depuis une décennie, alors que Breabach est devenu l'une des figures de proue de la nouvelle génération du trad écossais, au même titre que les Bodega, Julie Fowlis, Ross Ainslie & Jarlath Henderson ou la grande famille de Lau.

«Nous sommes associés au mouvement Feis, dont se réclament plusieurs artistes traditionnels depuis 15 ou 20 ans, explique Ewan Robertson, guitariste et chanteur de Breabach. Des musiciens plus expérimentés comme Fred Morrison, les Blazin' Fiddles ou certains membres de Capercaillie ont enseigné aux jeunes. Cela nous a donné une impulsion nouvelle.»

Le quintette Breabach se distingue par l'interaction de deux cornemuses et de quelques flûtes avec un violon souvent très percussif. Le ton est souvent folk et le groupe puise aussi bien dans le grand répertoire d'Ewan McColl que dans celui des contemporains comme Dougie MacLean ou David Francey. Mais des passages répétitifs permettent de libérer les instruments mélodiques qui mordent à belles dents dans les reels et les jigs.

«L'énergie de Breabach nous touche beaucoup», raconte Olivier Demers du Vent du Nord. «C'est génial de rencontrer un groupe qui vient de si loin et qui s'apparente tellement à nous», renchérit Ewan Robertson. Après s'être rencontrées au Shetland Folk Festival en 2008, les deux formations ont fait ensemble une tournée écossaise en janvier dernier. Elles remettent ça en développant des collaborations: des musiciens de l'une interviennent dans les pièces de l'autre, les deux groupes au complet ou séparément, et puis il y a ce grand fil historique qui les relie.

Les Québécois viennent de faire paraître Le Vent du Nord symphonique avec l'OSQ, enregistré par Espace Musique le 11 décembre 2009 au Grand Théâtre de Québec. Le résultat est éclatant! Lisez la critique ci-contre.

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Collaborateur du Devoir