Jeunes musiciens du monde - Artistes et organisateurs à l'unisson

Yann Perreau a passé une semaine à l’école Kalkeri Sangeet Vidyalaya lors de son voyage en Inde en 2008.<br />
Photo: Jeunes musiciens du monde Yann Perreau a passé une semaine à l’école Kalkeri Sangeet Vidyalaya lors de son voyage en Inde en 2008.

Au fil des ans, l'engouement des artistes ne se dément pas et pour la neuvième année, ils sont de retour ce soir au Club Soda pour contribuer au financement des quatre écoles de musique mises en place en Inde et au Québec par les Jeunes musiciens du monde (JMM).

L'éclatant Papagroove agit à titre de house band et partage la scène avec Pascale Picard, les Lost Fingers, Loco Locass, Stefie Shock, Yves Lambert, Jorane, Samian, Antoine Gratton, Socalled, Alex Nevsky, Alexandre Bélliard, Éloi Painchaud, Chantal Archambault, Wesli, DJ Stéphane Cocke et Grüv'n brass, de même que des élèves des écoles de Montréal et de Kitcisakik, une communauté anicinape de 400 habitants en Abitibi-Témiscamingue.

Un happening qui devrait se prolonger jusqu'au dernier métro, car plus qu'un concert officiel, la soirée permet un partage de rencontres spontanées entre musiciens qui ne sont pas tenus d'interpréter leur propre répertoire. Certains sont devenus des habitués, comme le porte-parole Yann Perreau, qui est également de la fête. Il y collabore depuis 2005 et s'est même arrêté une semaine à l'école Kalkeri Sangeet Vidyalaya lors de son voyage en Inde en 2008.

«Quand tu arrives là, tu vois que l'organisation est sérieuse. Tu te lèves à 6h30 et tu entends les sitars, les tablas et les petites voix s'accorder. C'est fou comment c'est beau. Ils font un peu de musique avant les cours académiques, puis ça recommence en après-midi avec les cours de chant, d'harmonium et de violon. Ça te donne une belle leçon d'humilité. Ils sont vraiment dans une jungle avec peu de ressources, sans eau courante ni électricité, à part une génératrice pour les bureaux. J'ai aussi eu la chance de faire une de mes chansons avec eux. C'est beaucoup d'énergie que tu reçois de la part des jeunes.»

L'école indienne offre des cours reconnus par l'État du Karnataka. Il y a trois ans, 100 jeunes y recevaient une formation scolaire complète. Cette année, 160 y sont inscrits. «Au bout de huit ans, on arrive à un projet mature, affirme Mathieu Fortier de JMM. On commence à recevoir des appuis financiers de la part de fondations indiennes très prestigieuses. Cette année, on a même reçu Raoul Gandhi. Il a déclaré aux médias qu'il rêvait de venir depuis un bon bout de temps. Cela nous a donné un gros coup de pub. Nous travaillons aussi à développer un programme pédagogique qui pourrait s'adapter à d'autres disciplines comme le sport-études ou le théâtre-études.»

Les projets ne manquent pas: 80 jeunes à l'école de Québec, presque autant à celle de Montréal, et 50 élèves à Kitcisakik. «Cette école suscite beaucoup d'espoir. D'autres communautés autochtones nous ont approchés pour démarrer le même genre d'activités», relate Blaise Fortier, le frangin de Mathieu. Des initiatives semblables pourraient également voir le jour à Sherbrooke, au Saguenay, au Mali et au Brésil. À l'unisson, tout comme les artistes présents ce soir.

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Collaborateur du Devoir