Alexandre Désilets dévoile La Garde - La volonté de changer

Alexandre Désilets<br />
Photo: Joanie Laferrière Alexandre Désilets

Ne pas refaire le même album. C'est le mot d'ordre que s'est imposé l'auteur-compositeur-interprète Alexandre Désilets pour créer son nouvel opus, La Garde, qui sort en magasin ce matin. Pour y arriver, le lauréat du prix Félix-Leclerc 2009 s'est volontairement mis hors de ses zones de confort, en changeant ses méthodes d'écriture et de composition.

Et les changements ne sont pas seulement en surface. Le premier disque d'Alexandre Désilets, Escalader l'ivresse, a séduit près de 10 000 Québécois avec ses longues chansons pop aériennes et labyrinthiques. Mais La Garde surprendra les fans de la première heure. Désilets arpente de tout nouveaux territoires à travers une dizaine de pièces beaucoup plus rythmées et plus concises.

«Cette fois-ci, dès le départ, avant même d'écrire les textes, j'ai commencé à enregistrer des mélodies, raconte le chanteur de 35 ans. Par intuition, j'avais idée de faire des morceaux qui ne durent pas trop longtemps, pour garder l'attention des gens, qu'ils restent en haleine. Ça a donné des pièces plus efficaces, qui vont droit au but.»

En studio, Alexandre Désilets a demandé au réalisateur Jean Massicotte de «lui crisser une volée», métaphoriquement bien sûr, pour éviter que lui et ses musiciens ne retombent dans leurs ornières. «On ne voulait pas les guitares d'Escalader l'ivresse, ces guitares en trémolo que tu lances dans du "reverb" de cathédrale, avec des couches et des couches de textures qui se pilent sur les pieds, dit Désilets. Là, on voulait davantage que ça s'emboîte comme un jeu de Tetris. Chaque instrument devait avoir sa place. Au résultat, que ça soit par des basses croches, des guitares déglinguées, il y a toujours une notion de rythme qui déstabilise, mais qui nous fait aller vers l'avant.»

Craignant même de manquer d'originalité dans sa plume, celui qui a gagné les honneurs à Granby en 2006 a ouvert son univers à l'auteur Mathieu Leclerc, qui a travaillé entre autres sur La Vallée des réputations, de Jean Leloup, et sur le plus récent disque de Bran Van 3000 — sur lequel apparaît Désilets. «Je voulais travailler avec quelqu'un d'autre, pour apprendre, pour aller ailleurs. Et Mathieu a une âme de poète, mais avec une approche très "street". Je ne te parle pas de Nelligan qui est dans les vapes, mais de quelqu'un qui a l'énergie pour travailler avec Leloup.»

Alexandre Désilets, récent gagnant du prix André «Dédé» Fortin, remis par la Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec, envisage avec plaisir ses concerts, qui auront une nouvelle énergie avec l'apport des pièces de La Garde. «J'avais envie d'avoir des éclats de rythme, de bonheur, et je m'attends à ce que les gens chantent. C'est mon plus grand rêve, d'arriver dans une salle, et que les gens chantent les paroles.»

Alexandre Désilets: Changer d'air