L'OSM lève le voile sur l'an un de la nouvelle salle

C’est au cours d’une conférence de presse hier que le directeur musical de l’OSM, Kent Nagano, a dévoilé la programmation de l’orchestre pour la saison 2010-2011, dans sa nouvelle demeure.
Photo: Orchestre Symphonique de Montréal C’est au cours d’une conférence de presse hier que le directeur musical de l’OSM, Kent Nagano, a dévoilé la programmation de l’orchestre pour la saison 2010-2011, dans sa nouvelle demeure.

Kent Nagano et l'Orchestre symphonique de Montréal ont dévoilé hier l'essentiel de la programmation de la première saison de l'orchestre dans la nouvelle salle de concert.

La nouvelle salle de concert de Montréal ouvrira ses portes le 8 septembre 2011, mais on ne sait pas encore avec quoi. Le concert inaugural, comme quelques concerts hors série et les programmes pour enfants seront connus en janvier. La précocité de l'exercice hier s'explique par la périlleuse gestion de la transition des abonnements d'une salle à l'autre. Si Wilfrid-Pelletier pouvait contenir 3000 spectateurs, la jauge de l'Adresse symphonique — un nom provisoire, fort heureusement — sera d'environ 2000.

La différence de capacité explique que sept des vingt-trois programmes révélés seront donnés trois fois. Les soirées seront d'ailleurs davantage réparties dans la semaine. Il y aura désormais des concerts le lundi et le samedi soir, et les séries d'abonnements sont même agencées selon ce critère, des «Dimanches en musique» aux «Grands Samedis OSM».

Dernière surprise: l'OSM se met à organiser des récitals, censément pour renouer avec une vieille tradition et pour «renforcer les relations avec de grands solistes». Lang Lang, Hélène Grimaud, Evgueni Kissin et Menahem Pressler seront ces vedettes, qui ne se produiront pas avec l'orchestre la même saison. Restera à voir la réaction de la Place des Arts, qui vient de créer une série de concerts de prestige et revendique la mainmise sur la programmation de la nouvelle salle, dont l'OSM est le locataire privilégié.

Sur le fond, ceux qui s'attendaient à une première année flamboyante et s'imaginaient que l'attrait d'une nouvelle salle amènerait d'inhabituelles vedettes à diriger notre orchestre en seront pour leurs frais. Nouvelle salle, certes, mais train-train habituel sur l'air de la nécessité de la «reconnaissance des vieilles amitiés » (dixit Kent Nagano). On nous sert ce refrain depuis avant même son arrivée et on reverra donc Roger Norrington, Lawrence Foster, James Conlon, Rafael Frühbeck de Burgos et Michel Plasson, ce dernier étant en lice pour une troisième annulation consécutive. De Pierre Boulez on entendra des oeuvres, mais on peut toujours rêver de le voir diriger. Celui qui remplacera sous peu au pied levé Riccardo Muti à Chicago, à quelques semaines d'avis, «n'est pas libre» en 2012!

On se réjouit cependant de la seconde présence au podium de Ludovic Morlot et de Stéphane Denève ainsi que de la place réservée aux grands chefs et solistes québécois: Jacques Lacombe et Jean-Marie Zeitouni; Marc-André Hamelin, Alain Lefèvre et Marc Hervieux. L'éventail des solistes est d'ailleurs brillant: Gidon Kremer, Hilary Hahn, Vadim Repin, James Ehnes au violon, Till Fellner, Nelson Freire, Leif Ove Andsnes et Benedetto Lupo au piano.

Le répertoire n'évolue pas, mais il soigne la musique française et fera résonner les nouveaux murs avec maints blockbusters: Requiem, de Mozart, Symphonie du Nouveau Monde, de Dvorak, Planètes, de Holst, et Symphonie fantastique, de Berlioz, notamment.

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