Le festival Orgue et couleurs sans son orgue

Ce soir, à 20h, à l'église Saint-Jean-Baptiste-de-Lasalle, à Montréal, s'ouvrira le 12e festival d'automne Orgue et couleurs, privé pour la première fois du poumon autour duquel il avait été conçu: l'église Très-Saint-Nom-de-Jésus et son désormais fameux orgue Casavant.

Les Boréades entameront, avec leur fameux programme Les Beatles baroque, le festival 2010 qui, jusqu'au dimanche 3 octobre, se partagera notamment entre les églises Saint-Jean-Baptiste-de-Lasalle, Très-Saint-Rédempteur, Saint-Jean-Baptiste de Montréal et St. Andrew & St. Paul.

L'orgue qui remplacera au premier chef le Casavant de Très-Saint-Nom-de-Jésus est celui de l'église Saint-Jean-Baptiste, rue Rachel à Montréal. «C'est le plus comparable», dit Yves Garand, directeur artistique d'Orgue et couleurs.

Le festival 2010, recentré sur l'orgue, accueillera par exemple Isabelle Demers, une Québécoise devenue une star de l'orgue aux États-Unis selon M. Garand, et Gabriel Marghieri, organiste du Sacré-Coeur à Paris. Chose qui tombe sous le sens, mais ne s'était guère matérialisée jusqu'ici. Le concert orchestral, assuré lundi par l'Orchestre du Conservatoire et Raffi Armenian, comportera des oeuvres pour orgue et orchestre.

Orgue et couleurs n'abandonne pas l'église Très-Saint-Nom-de-Jésus à son triste sort et vient tout juste de s'assurer du concours de l'Orchestre métropolitain pour un important concert-bénéfice, le 22 octobre, à la salle Sylvain-Lelièvre du Collège de Maisonneuve. Les fonds recueillis serviront à chauffer l'église. L'enjeu est simple aux yeux d'Yves Garand: «Si on laisse passer un hiver sans chauffer, les orgues sont foutues!»

Maintenir l'intégrité des instruments est capital, car Orgue et couleurs se veut «porteur de dossiers». «Nous sommes sur le point de déposer un projet au ministère de la Culture pour faire de Très-Saint-Nom-de-Jésus un centre de création qui aura aussi pour objet d'abriter d'autres instruments patrimoniaux», dit Yves Garand. Dans le cadre de ce projet du Centre et Musée de l'orgue, le presbytère pourrait également être reconverti en bureaux. M. Garand se montre optimiste, d'autant qu'il peut tabler sur l'appui de l'évêché.

La saga du précieux orgue double de Très-Saint-Nom-de-Jésus, qui a fait couler beaucoup d'encre, n'est pas prête de s'achever...