Notes de chevet de La Nef - Le Japon comme fil conducteur

L’artiste multidisciplinaire et flûtiste Claire Gignac et la danseuse Tomomi Morimoto, chorégraphe montréalaise originaire de Tokyo, qui a proposé Makura no sôshi à La Nef.<br />
Photo: François Gélinas L’artiste multidisciplinaire et flûtiste Claire Gignac et la danseuse Tomomi Morimoto, chorégraphe montréalaise originaire de Tokyo, qui a proposé Makura no sôshi à La Nef.

Après avoir traversé les routes du Nord, pénétré les déserts du monde et même exploré le trad québécois au cours des dernières années, la compagnie musicale La Nef puise cette fois-ci son inspiration au pays du Soleil levant. Notes de chevet, son nouveau projet qui sera présenté demain et vendredi soir à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, s'inspire de Makura no sôshi, un livre millénaire de dame Sei Shonagon.

Ici, le Japon sert de fil conducteur à une poésie intégrée à la musique et à la danse, ou à une musique de création intemporelle habillée par des instruments du monde et traitée électroniquement.

«Au point de départ, on avait un projet musical qui était de puiser dans certains modes, gammes ou sonorités japonaises, en composant à partir de cela», explique la directrice artistique Claire Gignac. Makura no sôshi, un classique de la littérature japonaise, allait permettre à La Nef de créer une oeuvre très libre.

«C'est un journal intime qui, plutôt que de raconter une histoire précise, renferme des émotions, des observations, des poèmes, des listes, des anecdotes, des complaintes et des thèmes personnels comme la sensibilité à la nature. C'est un genre nouveau qui allait préfigurer ce que l'on appellera par la suite le fragment.»

D'où l'idée de découper les textes, de les adapter en n'en retenant que quelques mots en enlevant parfois les verbes, sans que cela soit vraiment du Haïku. Musicalement, on joue avec le temps en explorant aussi bien les instruments anciens et les cordes classiques que la guitare électrique et le traitement de son en temps réel.

On voyage aussi par-delà les frontières avec la multipercussion et la flûte chinoise. On établit un parcours pour la danseuse Tomomi Morimoto, chorégraphe montréalaise originaire de Tokyo qui a proposé Makura no sôshi à La Nef. «Plusieurs styles de danse japonaise sont très précis et codifiés, explique Claire Gignac. Tomomi a ses influences, mais elle intègre un langage très contemporain.» À l'image de cette musique de création sous influence japonaise et aux couleurs multiples.

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Collaborateur du Devoir