D'amateur de hip-hop à pop star sur le tard

Alex Nevsky.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Alex Nevsky.

Lors de la dernière édition du concours musical des Francouvertes, les projecteurs se sont la plupart du temps braqués — et à raison — sur le gagnant, Bernard Adamus. Mais un halo de lumière a également attiré l'attention sur le médaillé d'argent, Alex Nevsky, drôle de bête qui n'a laissé personne indifférent avec ses airs pop parfois hyper-romantiques, parfois très sombres.

Le jeune homme de 24 ans, foulard au cou, cheveux hirsutes tendance «coupe Longueuil» décorés d'un bouquet de plumes, était alors dur à cerner. Lors de la finale des Francouvertes, nous écrivions: «Nevsky est-il une espèce de Pierre Lalonde du Mile-End, qui fait des "sha-la-la-la" racoleurs, ou alors ce chanteur ténébreux à la Yann Perreau capable de très beaux moments? On en vient à ne plus savoir ce qui est drôle ou pas, ce qui est premier degré ou ironique. Confus, tout ça.»

Aujourd'hui même, le chanteur fait paraître son premier disque De lune à l'aube, réalisé par Yann Perreau, justement. Attablé au sympathique Café Santropol dans le Mile-End —, ça ne s'invente pas — Alex Nevsky se souvient du papier du Devoir. Et tranquillement, il nous fait la démonstration qu'il ne joue pas à un jeu mais qu'il exacerbe plutôt deux facettes de sa personnalité et de son histoire.

Parti avec en poche une série de pièces où il broyait du noir, le natif de Granby s'est mis à écrire des odes bleu poudre après être tombé amoureux d'une belle anglophone. «Ça m'a fait composer des pièces naïves, raconte Nevsky. Je n'aimais pas trop écrire de cette façon-là, mais j'y ai pris plaisir, c'était une émotion tellement vraie et puissante que je n'ai pas eu le choix de les écrire.»

Adolescent, Nevsky était franchement plus intéressé par le hip-hop d'IAM, d'Oxmo Puccino et de la Fonky Family que par la chanson, dont il avoue encore apprivoiser les ramifications et les structures. De lune à l'aube est quelque part le choc de deux univers. «On a poussé les arrangements vers les extrêmes, au risque que ça soit éclectique, au risque que les pièces fleur bleue soient super fleur bleue, et que les morceaux dark soient vraiment dark. On voulait creuser le plus loin possible, juste pour voir jusqu'où on pouvait aller, et pour me délimiter un large terrain de jeu.»

Le «on», c'est lui et Yann Perreau, dont on sent bien la touche sur ce disque. Nevsky l'a rencontré au début de son parcours musical, à l'École nationale de la chanson de Granby il y a quatre ans. L'élève était doué, mais jugé un peu paresseux par ses professeurs. «C'est vrai que je ne faisais pas tant d'efforts pour me sortir de ma carapace. C'est vraiment quand j'ai commencé à travailler avec Perreau que ça a changé. Avec lui, c'était vraiment des claques dans la face, on a vraiment travaillé de front.»

Côté scène, c'est encore une fois avec Yann Perreau qu'Alex Nevsky a appris le plus, lui qui a fait plusieurs premières parties pour l'auteur de Beau comme on s'aime. «C'est ingrat les premières parties, surtout que je les faisais en solo juste avant Yann, une bête de scène. Mais ça m'a vraiment aidé!»

C'est au désormais incontournable Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscaminque, qui commence jeudi, qu'Alex Nevsky effectuera son lancement sur scène, avant de passer par Montréal, Sherbrooke, Granby et Québec en septembre. Pour savoir où et quand chanter des «sha-la-la-la», consultez son site.



Alex Nevsky: Notre coeur

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