De Temps Antan - De la finesse dans le gros swing sale

Les trois garçons du groupe De Temps Antan rayonnent parmi les meilleurs musiciens trad de leur génération. <br />
Photo: Guy Hamelin Les trois garçons du groupe De Temps Antan rayonnent parmi les meilleurs musiciens trad de leur génération.

Après le départ d'Yves Lambert et de Michel Bordeleau, on les appelait les trois jeunes de La Bottine souriante. Mais aujourd'hui, avec le groupe De Temps Antan, ils rayonnent parmi les meilleurs musiciens trad de leur génération. Mardi prochain, Éric Beaudry, André Brunet et Pierre-Luc Dupuis lancent à la salle O Patro Vys Les Habits de papier, leur deuxième disque. Un album en power trio au swing d'enfer qui révèle également des pièces qui respirent.

«Au début, on se faisait dire que, dans notre musique, ça partait toujours sur des chapeaux de roues. On a donc décidé d'ajouter quelques pièces un peu plus tranquilles. C'est bon de respirer, ça donne plus d'ampleur aux pièces plus rythmées», relate Pierre-Luc Dupuis, le joueur d'anches et chanteur de party du groupe. En 2003, il avait remplacé Bébert après avoir contribué à la formation des Langues fourchues. Un gars de Louiseville qui a appris les chansons dans les cuisines, là où ça se passe.

Éric Beaudry, l'autre chanteur soliste du groupe, est un interprète fort différent. «C'est une force du groupe. Éric possède une voix plus grave et mélancolique que la mienne. Il adore les complaintes», raconte Pierre-Luc au sujet de celui qui maîtrise aussi la guitare, le bouzouki et la podorythmie. Éric peut pénétrer les folks les plus intimes, mais sait aussi porter du bon swing jazzé ou laisser sortir le méchant avec un accompagnement énergique avec une attitude rock, même en acoustique. «Il est formé en jazz, mais il s'inspire aussi fortement du coup de pic irlandais. Parfois, on aime sortir de la manière traditionnelle et il a toute la latitude pour s'exprimer là-dedans, d'autant qu'il n'a pas besoin de travailler en fonction d'un contrebassiste ou d'un pianiste», explique Pierre-Luc.

Reste André Brunet, reconnu internationalement dans le Celtic Fiddle Festival et premier violoneux québécois de l'histoire à avoir remporté le titre de grand maître au Canadian Grand Masters Fiddling Competition. C'est le scratch terreux formidablement contagieux, mais aussi cette finesse vitaminée à la Ti-Jean Carignan et cette sensibilité qui prête aux ornements les plus subtils. «Moi, je l'appelle le train. Quand il part tout seul avec son violon et ses pieds en commençant un reel, il n'a besoin de personne d'autre. Mais il a aussi une oreille exceptionnelle pour les harmonies», raconte encore le Mauricien.

Et en trio, ça lève: de la turlutte et de l'a capella virés en swing, de la complainte à répondre, du québécois en cajun ou en country blues, un répertoire original ou emprunté à la Louisiane, à la Mauricie et aux archives de l'Université Laval, du violon et de l'accordéon aux lignes répétitives pour les harmonies, de l'harmonica percussif, des coups de pieds ardents et beaucoup de finesse dans le gros swing sale.

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Collaborateur du Devoir

De Temps Antan: La turlutte du rotoculteur