Du klezmer au hip-hop, Montréal voit naître le Festival de musique juive

Les Américano-Israéliens de la formation The Moshav Band livreront leur pop-rock klezmer «à la Pearl Jam» à L’Astral le 2 septembre.
Photo: Festival de musique juive de montréal Les Américano-Israéliens de la formation The Moshav Band livreront leur pop-rock klezmer «à la Pearl Jam» à L’Astral le 2 septembre.

Le klezmer c'est bien, mais ce n'est qu'un des multiples visages de la musique juive. Le temps de trois soirs et de six concerts, le premier Festival de musique juive de Montréal donnera l'occasion de découvrir l'étendue de l'influence de ces airs nés un peu partout dans le monde.

Mis sur pied par l'organisme KlezKanada, le festival se déroulera du 31 août au 2 septembre dans six salles différentes un peu partout à Montréal. Le directeur artistique de l'événement, Jason Rosenblatt, a concocté des soirées thématiques mettant en valeur différentes branches de la musique juive, qui rimera ici avec le hip-hop, le bluegrass, le pop-rock et la musique d'avant-garde.

C'est le rappeur montréalais Socalled — qui s'amuse à échantillonner de vieux vinyles de musique chantée en yiddish — qui lancera le festival avec la formation The Youjsh à la Sala Rossa. Le lendemain au Ghetto Shul, avenue du Parc, Adam Stotland et son groupe feront dans le «jewgrass, du bluegrass juif», dixit Rosenblatt. Toujours le 1er septembre, Nozen, Marilyn Lerner et le Montreal Harmonica collectif plongeront dans l'exploratoire et l'audacieux au Lion d'Or, tandis que Okto Echo et Aaron Bensoussan offriront au Centre Segal une musique juive imprégnée de la tradition arabe.

Le lendemain, le 2 septembre, cette première édition du festival se terminera au théâtre Outremont avec le groupe The Other Europeans, pendant que les Américano-Israéliens de la formation The Moshav Band livreront leur pop-rock klezmer «à la Pearl Jam» à L'Astral. Oui, vous avez bien lu, Pearl Jam klezmer.

Gammes, langues et religion

«Toutes ces musiques, qu'elles proviennent d'Europe de l'Est ou du Moyen-Orient, ont un certain ADN commun, explique Jason Rosenblatt, lui-même musicien. Elles partagent un certain son, il y a beaucoup de modes et de gammes qui sont similaires. Et aussi, plus simplement, elles sont parfois chantées dans des langues traditionnelles, comme le yiddish, l'hébreu ou le ladino.»

Les musiques juives partagent parfois des thématiques ancrées dans la religion, surtout dans leurs volets plus classiques. «Traditionnellement, les psaumes écrits par le roi David étaient des chansons d'amour à Dieu. Au XIXe et au XXe siècles, les juifs ont commencé à écouter de la musique classique de l'époque, à lire de la littérature profane et ça a influencé les créateurs à écrire des morceaux hors de la religion. Même que ma grand-mère chantait des chansons en yiddish qui n'étaient pas religieuses, mais plutôt des chansons comiques, paillardes. Il y en a des centaines!»

Rosenblatt assure que le Québec, et Montréal en particulier, est un terreau fertile pour la musique du monde. «J'ai vécu à Philadelphie et aussi en Israël, et les musiciens québécois, juifs ou pas, en connaissent beaucoup plus sur la musique d'ailleurs dans le monde que dans plusieurs endroits. Les gens d'ici sont prêts à expérimenter, à essayer la musique turque ou la musique brésilienne, par exemple.»

Dans la métropole, la communauté hassidique n'est peut-être pas la plus nombreuse, mais certainement la plus visible. Est-ce qu'il existe aussi des groupes de musique dans cette branche ultraorthodoxe? «Oui, il y a de la musique chez les hassidiques, dit Rosenblatt. J'ai déjà été invité dans une fête, et il y avait un groupe formidable qui jouait de la musique traditionnelle avec une énergie très, très vive. Mais ils ne jouent pas dans les festivals ou autres événements, ils jouent pour leur communauté, pour les célébrations, les mariages.»


The Moshav Band: Dancing In A Dangerous World


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