Concerts classiques - Concert-marathon à l'amphithéâtre Fernand-Lindsay

Heidi Melton et Jean-Marie Zeitouni
Photo: Festival de Lanaudière/Baptiste Grison Heidi Melton et Jean-Marie Zeitouni

Une véritable ovation a salué, samedi, l'annonce par la ministre Christine St-Pierre de la décision de baptiser amphithéâtre Fernand-Lindsay l'auditorium de plein air du Festival de Lanaudière. La demande, émanant du conseil d'administration de la Place des Arts, gestionnaire du lieu, a été accueillie avec diligence par la commission de toponymie, puisque le créateur du festival est décédé en mars 2009 et qu'un délai de 12 mois est requis après la disparition d'une personnalité avant d'attribuer son nom à des sites ou des rues.

Une seconde annonce du ministère de la Culture ravissait François Bédard, directeur du Festival de Lanaudière: une subvention de 1,3 million de dollars pour l'installation de quatre écrans géants; deux sur les parois latérales de l'auditorium et deux à la limite de l'auditorium et de la pelouse. Quatre nouveaux techniciens s'occuperont de la régie vidéo dès l'édition 2011 et tout le monde pourra voir les artistes en gros plan.

Le premier concert dans l'amphithéâtre Fernand-Lindsay fut un concert-marathon... comme l'année dernière, mais encore plus étrange. Je ne sais si ces programmes de trois heures correspondent à une demande du public, mais en ce qui me concerne, le mieux est l'ennemi du bien: la fête vire au pensum, le programme devient fatras, l'attention est dure à maintenir et les vrais très grands moments — les cinq dernières minutes du 2e mouvement du Concerto de Chopin par Alain Lefèvre et Jean-Marie Zeitouni ou l'apparition de Heidi Melton, une jeune et déjà très grande soprano wagnérienne — sont délayés ou minorés. Un sondage auprès des festivaliers renseignerait les organisateurs sur la manière dont est vécue la chose. Pour ma part, je n'arrive même pas à concevoir comment on peut passer du prélude et de la mort d'Isolde de Wagner au Concerto pour violon de Mendelssohn.

En dépit de la chaleur et de la durée, le concert fut excellent et, surtout, riche d'enseignements pour les organisateurs. Le niveau de l'«Orchestre du Festival», ensemble réuni pour l'occasion, et de la direction de Jean-Marie Zeitouni fut excellent et a montré que nul — ni le Métropolitain et son chef, ni l'OSM — n'est irremplaçable. Ces musiciens feraient d'efficaces «résidents» du festival. Sans le moindre préjudice artistique, cette solution pourrait même librer un budget réinvesti ensuite pour des orchestres et ensembles prestigieux en visite.

Musicalement, on retient donc la tenue de l'orchestre, la belle sensibilité wagnérienne et lisztienne de Zeitouni, la poésie de certaines nuances infinitésimales d'Alain Lefèvre, l'originalité de l'oeuvre pour quatre cors, la révélation d'une grande soprano et l'inutile Mendelssohn à peu près joué par une violoniste dont le premier mouvement ne fut pas glorieux.

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