Conférence MusiQCnumériQC - Vers un Web musical québécois?

Twitter et Facebook sont-ils une panacée pour les musiciens? Pendant qu'un atelier des Rencontres de l'ADISQ se penchait sur la question, plusieurs petits joueurs de la musique au Québec ont rappelé l'importance de créer un Web musical fait au Québec, pour les Québécois.

Habitués à travailler chacun dans leur coin, plusieurs acteurs de l'industrie musicale alternative du Québec se sont réunis pour une rare fois, hier, dans une «anticonférence» tenue en marge des Rencontres de l'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ), espérant créer un Web musical québécois.

Blogueurs, entrepreneurs, webmestres, artistes et promoteurs ont pu discuter hier, au bar-coopérative Les Katacombes, lors de cette conférence intitulée «MusiQCnumériQC», organisée par Iconoclaste, spécialisée dans la promotion musicale sur Internet. «Il faut créer une synergie, il faut mettre les gens en lien», explique Shanti Loiselle, directrice des opérations Web chez Iconoclaste.

La rentabilité est le nerf de la guerre, surtout pour les plus petits acteurs du milieu. «Il faut créer un écosystème québécois viable», dit Shanti Loiselle. Par exemple, le site Écoutez.ca, lancé officiellement hier, mise sur la quantité de contenu — 100 % québécois — qui se retrouve sur le portail. Musique, articles, vidéos, calendrier, arrimage avec Twitter et divers blogues, le site est vaste.

«Il ne faut plus attendre, il faut avancer, croit Benoît Tétreault, d'Écoutez.ca. Il ne faut pas laisser faire les gros joueurs de l'industrie, sinon on va se ramasser avec un équivalent d'iTunes», où les petits joueurs n'ont pas vraiment leur mot à dire.

Conférence

L'anticonférence MusiQCnumériQC diffusait aussi sur le Web un des ateliers des Rencontres de l'ADISQ sur les médias sociaux. Jean-Robert Bisaillon, d'Iconoclaste, et deux consultants en stratégie numérique, Pierre B. Gourde et la Française Virginie Berger, ont abondamment discuté de l'importance capitale de Twitter et de Facebook pour les musiciens, mais aussi du fait qu'il ne faut pas jurer que par ces deux outils.

Les deux sites «ne sont pas une fin en soi, mais font partie d'une panoplie d'outils», croit Pierre B. Gourde. Jean-Robert Bisaillon a par ailleurs rappelé que, s'il est important de se servir de Facebook et de Twitter — et des nombreuses informations qu'ils donnent sur les consommateurs, a renchéri Mme Berger —, les musiciens doivent d'abord avoir une liste d'envoi par courriel bien organisée et un site Web flexible, sur lequel il sera possible d'ajouter les outils à la mode.