Bilan du Festival de la chanson de Tadoussac - Coup de coeur pour Adamus

Bernard Adamus
Photo: Michel Pinault Bernard Adamus

Tadoussac — FrancoFolies ou pas, Tadoussac restera Tadoussac. Une heureuse mixture à consommer sans retenue, afin de repartir de la capitale québécoise des baleines la tête pleine de mélodies. De quoi se constituer une réserve pour passer à travers l'année qui vient, avant l'édition 2011.

En tête de liste de cette 27e édition du Festival de la chanson savourée dans l'air salin, sous le soleil? Allons-y avec un Bernard Adamus qui a fait courir les foules deux fois plutôt qu'une. Le vainqueur des dernières Francouvertes semblait d'ailleurs sincèrement ému d'un tel accueil, le public entamant à pleins poumons plusieurs des pièces, dont bien sûr Brun (la couleur de l'amour), Rue Ontario et Le Fou de l'île. Un party nocturne que personne ne voulait voir se terminer, même passé 2h30 du matin.

Coup de coeur 2010, Adamus. Un artiste qui, disons-le, rappelle Les Colocs pour toutes les bonnes raisons. On pourrait même dire qu'on l'attendait depuis longtemps. Ça fait du bien, beaucoup de bien. Lui et sa joyeuse bande seront d'ailleurs cette semaine aux FrancoFolies. Gageons que la réponse sera excellente pour un son déjà très abouti sur scène.

En trois petites journées, on ne peut évidemment pas tout voir. Mais les belles découvertes sont toujours au rendez-vous, comme ce Toulousain, Manu Galure. À peine la jeune vingtaine et ce pianiste bête de scène s'offre déjà des textes riches et inventifs, doublés d'une musique aux tournures rythmiques imprévisibles et d'un humour qui tombe toujours à point nommé. On conseillerait sans hésiter son premier album, Le Meilleur des 20 ans de Manu Galure.

L'organisation de Tadoussac a également su ajouter des formules surprenantes. C'est le cas du spectacle donné par Avec Pas d'casque à l'Anse à la barque et auquel il fallait se rendre en kayak en passant par le majestueux fjord. Impossible de ne pas tomber sous le charme. Avec Pas d'casque, toujours, a bien lancé les soirées sur le site festif et débridé de l'Auberge de jeunesse, surtout en concluant avec son interprétation bien sentie de L'amour passe à travers le linge. Les habitués des longues nuits de l'Auberge avaient ensuite droit aux Tireux d'roches et au reggae de circonstances de Mad'Moizèle Giraf. De quoi prolonger le plaisir malgré le temps frais, la bière et le smoked meat aidant.

Au rayon des valeurs sûres, on a bien aimé Pierre Lapointe en version piano solo. Et aussi Luc de la Rochellière, pour les pièces d'Un toi dans ma tête, mais aussi des versions des classiques comme Amère America ou Cash city, bien appuyées sur violoncelle et contrebasse.

Côté achalandage, le festival a encore eu droit à une augmentation de fréquentation cette année, alors que les Francofolies de Montréal battent leur plein. Et enfin, oui, selon le mot qui circulait en ville, le rorqual commun Capitaine crochet était aussi de la fête, au large de Tadoussac, près de la bouée 55, comme à son habitude.