Sunny Duval lance Sein noir sein blanc - Doo-wop, vahinés et boules de feu

Avec le disque Sein noir sein blanc, François «Sunny» Duval plonge dans un rock’n’roll beaucoup moins bruyant que celui de son groupe Les Breastfeeders.
Photo: Julie Gauthier Avec le disque Sein noir sein blanc, François «Sunny» Duval plonge dans un rock’n’roll beaucoup moins bruyant que celui de son groupe Les Breastfeeders.

Il y a de ces disques qui sont en parfaite harmonie avec la saison où ils sont lancés, et le deuxième et plus récent disque solo du guitariste montréalais Sunny Duval ne pouvait mieux tomber qu'en période de chaleur estivale. Sortez votre peigne et votre Brylcreem, glissez sur le capot de votre Cadillac 1957 décapotable de huit mètres de long, regardez la poupée hawaïenne se dandiner sur le tableau de bord, et démarrez en trombe!

Avec le disque Sein noir sein blanc, François «Sunny» Duval plonge dans un rock'n'roll beaucoup moins bruyant que celui de son groupe Les Breastfeeders, et aussi moins brouillon que celui enregistré sur Achigan, son premier disque solo paru en 2005. Le polyvalent et très occupé musicien — qui a récemment joué avec le Maï Taï Orchestra, Patrick et les brutes, St-Sipoplette et autres projets en tout genre — mélange aujourd'hui ses rythmes saccadés avec le country, le doo-wop et quelques touches de musique hawaïenne.

Est-ce que Sunny serait donc un brin Elvis dans l'âme? «Dans ma façon de penser, je suis beaucoup plus proche de Jerry Lee Lewis, beaucoup plus près de la fête, de Great Balls of Fire, corrige Duval. Y'a un disque live de lui qui traînait à l'Escogriffe [un bar de la rue Saint-Denis, repère de plusieurs musiciens], et ç'a été une révélation. On aurait presque dit que le batteur jouait du punk tellement c'était rapide.»

Filles, filles, filles


Il est abondamment question de filles (plus ou moins vêtues) sur ce disque autoproduit, mais le titre fait d'abord référence à la musique. «Le rock est une femme avec une mamelle noire et une blanche, lance Sunny Duval. La majeure partie de toutes les musiques qu'on a maintenant vient de la musique de la fin des années 1800, qui ensuite s'est croisée avec le jazz, puis qui est devenue le blues et le country... L'essentiel est là, c'est ce que j'aime le plus, le regroupement des deux sphères.»

Le guitariste voulait faire un disque où il y aurait des voix partout, et il s'est d'ailleurs arrangé pour leur laisser de la place. «Souvent, dans mes autres projets, on se retrouve avec un batteur qui veut jouer de tous les morceaux de sa batterie en même temps! Là, je tenais à avoir quelque chose de plus dégagé, il n'y a presque pas de distorsion sur l'album, les guitares sont propres, le son de la basse est assez clair aussi.»

Duval a donc invité quelques charmantes «vahinés» au micro, venues faire des harmonies vocales, des duos ou des «Hou-wop-be-dou-wop», dont Felicity Hamer (United Steel Workers of Montreal), Azure Degrâce (Jésus les filles) et Isabelle LeDoussal (Prototypes). «C'est tellement plaisant d'enregistrer des voix, de choisir quelle note sera chantée par quelle personne, qu'est-ce qu'on chante comme syllabe. Il y a quelque chose de fascinant avec les onomatopées, leur côté tribal et dansant. C'est ça qui primait.»

Si l'on considère souvent Sunny Duval comme «le guitariste des Breastfeeders», le principal intéressé précise que ses disques solos «ne sont pas des projets parallèles». Son groupe sortira un nouveau disque cet automne, mais il assure qu'il n'a pas l'intention «de faire sacrifier l'un pour l'autre». En attendant, celui qui a fait paraître il y a quelques mois En d'sous, un recueil de ses chroniques parues jadis dans La Presse, caresse maintenant le projet d'écrire un nouveau livre, un roman cette fois-ci. «C'est sur la table de travail, je ramasse des personnages. À un moment donné, je vais les faire interagir!»