Le Festival de musique actuelle de Victoriaville revient en force

Après une pause d'un an en 2009, le Festival de musique actuelle de Victoriaville (FIMAV) revient pour une 26e édition enrichie d'installations sonores et d'un volet cinéma, du 20 au 23 mai.

«Le 25e [en 2008] a été un succès, mais l'organisme était un peu essoufflé», explique le directeur général de l'événement, Michel Levasseur. La mise en veilleuse d'un an a été salutaire. Elle a permis d'escamoter l'année de pauvre financement privé, due à la crise économique, de consolider le financement public et de diversifier l'offre artistique.

«On a conclu des ententes pluriannuelles avec presque tous nos partenaires», indique-t-il. L'absence de récurrence contribuait largement à l'épuisement des troupes. «Au niveau artistique, ça nous a permis de restructurer l'événement, de le réénergiser par des événements non concerts.»

Outre les arts visuels déjà présents depuis les débuts du FIMAV, trois installations sonores d'Yves Daoust, d'André Pappathomas et d'Écrick D'Orion, dont deux offertes sur la place publique, ponctuent le long week-end. Un volet cinéma «en devenir», note M. Levasseur, complète la programmation hors concerts.

C'est d'ailleurs le court métrage, Mamori, de Karl Lemieux qui lance officiellement l'événement. Réalisé sur la musique de Francisco Lopez, le film est tiré de photographies et de bruits de la végétation amazonienne et porte une signature très expérimentale. «On ne peut pas faire autrement avec Victo», de dire le directeur. Tungijuq, signé Paul Raphaël et Félix Lajeunesse, porte sur la chasse ancestrale au phoque et met en vedette la chanteuse inuite Tanya Tagaq, aussi au programme musical du FIMAV.

Moins d'artistes internationaux et pas de grandes vedettes au menu musical de cette 26e édition, qui fait volontairement la part belle aux artistes québécois. «La diversité de l'offre et la force créative de la musique de chez nous s'imposaient pour cette année», explique M. Levasseur.

Le créateur d'exception Sam Shalabi lance le bal avec une nouvelle mouture originale de son projet de grand ensemble Land of Kush, qui risque de nourrir le troisième album du cycle. En clôture, la nouvelle création de René Lussier, 7 têtes, réunit notamment

Michel Langevin, batteur de Voïvod, Fred Fortin à la basse, Martin Tétreault aux tables tournantes, Lori Freedman aux clarinettes.

Entre les deux, les Filles électriques remontent La Salle des pas perdus, projet multidisciplinaire créé à Berlin en 2007 et présenté au festival Voix d'Amériques l'année suivante, qui «mérite d'être revu», selon le directeur. De l'étranger, aux deux extrêmes du spectre générationnel, le trompettiste américain de 84 ans Bill Dixon présente son Small Tapestry Orchestra et le jeune prodige norvégien Kim Myhr croise sa guitare et son talent à celui du Trondheim Jazz Orkester.