Bernard Adamus couronné aux Francouvertes

Bernard Adamus
Photo: Michel Pinault Bernard Adamus

Depuis la première semaine de la ronde préliminaire des Francouvertes, c’était écrit dans le ciel en lettre de bois attachées par de vieux clous: le folk aux accents blues de l’auteur-compositeur-interprète Bernard Adamus, déjà comète locale depuis plusieurs mois, a bel et bien triomphé hier soir au Club Soda, lors de la grande finale du concours de l’alternative musicale francophone, remportant du coup le gros lot de 10 000 $. Alex Nevsky et le groupe Monogrenade ont terminé respectivement deuxième et troisième, remportant chacun leur lot de prix secondaires.

La présence de Bernard Adamus aux Francouvertes a fait jaser dans les cercles d’amateurs musique émergente, le chanteur étant selon plusieurs dans une classe à part – il était déjà le champion de la dernière édition du Festival en chanson de Petite-Vallée. La réalité leur a donné raison, puisque Adamus, poulain de l’étiquette Grosse Boîte, a mené chacune des rondes du concours, jusqu’à la victoire. «J’étais mitigé à savoir si je devais participer au concours, a avoué le chanteur au Devoir quelques minutes après sa victoire. Mais ça aurait été stupide de ne pas le faire, c’est quand même un petit marché ici. Je vis bien avec la victoire, mais je suis content de voir que les autres finalistes ont déjà des maisons de disques, sinon ç’a aurait été plus « malaisant ».» Alex Nevsky est encadré par Audiogram, alors que Monogrenade travaille avec Bonsound.

Rue Ontario

Dernier à monter sur scène, Adamus a d’entrée de jeu avoué être nerveux devant une foule qui s’élevait jusque dans les hauteurs du Club Soda. Le chanteur et sa bande se sont entassés au milieu de la grande scène, «épaule contre épaule», livrant avec aplomb ses pièces folk bien grasses, des hybrides entre l’énergie vocale des Colocs et l’irrévérence de Plume. La voix un peu nouée en début de performance, Adamus a vraiment pris son envol avec une version contrebasse-voix réussie de Rue Ontario, son hymne pas très rose mais extrêmement contagieux sur l’artère montréalaise. La pièce lui a permis de gagner le prix de la SOCAN pour la meilleure chanson. Il a aussi remporté le prix du public.

Avant lui, le chanteur Alex Nevsky avait beaucoup plus d’aisance sur scène que lors de la ronde préliminaire. Mais on a toujours autant de difficulté à le cerner. Nevsky est-il un espèce de Pierre Lalonde du Mile-End, qui fait des « sha-la-la-la» racoleurs, ou alors ce chanteur ténébreux à la Yann Perreau capable de très beaux moments (Tristessa)? On en vient à ne plus savoir ce qui est drôle ou pas, ce qui est premier degré ou ironique. Confus, tout ça. Nevsky a tout de même remporté trois prix qui lui permettront de jouer aux FrancoFolies de Spa, au Coup de cœur francophone et à la ChantEauFête de Charlevoix. Quant à Monogrenade, qui a gagné le prix de la meilleure composition musicale ainsi qu’une performance aux FrancoFolies de Montréal, il devra tenter de s’éloigner de ses influences trop évidentes – Radiohead, Patrick Watson, Karkwa, etc. C’est lors des moments plus rock et plus libres que le groupe était à son meilleur.