Spectacle - La deuxième vie de Timber Timbre

Le groupe Timber Timbre
Photo: Fil zuzarte Le groupe Timber Timbre

Il reste un peu de justice en ce bas monde pour la musique de qualité, et le groupe canadien Timber Timbre en est la preuve. Après deux albums extrêmement confidentiels et un magnifique troisième disque paru sur une toute petite étiquette, le chanteur Taylor Kirk et ses alliés ont été adoptés par la réputée maison de disques Arts & Crafts l'an dernier, donnant à Timber Timbre toute l'attention qui lui revenait. Alléluia pour nous tous!

Relancé en mai 2009, ce troisième disque, qui porte le nom du groupe, est donc loin d'être une nouveauté, mais qu'à cela ne tienne. Ces douces chansons aux accents blues, portées par la voix magnétique de Taylor Kirk, nous plongent dans un univers clair-obscur, un peu inquiétant, mais d'une grande beauté. Comme si M. Ward et Tom Waits chantaient I Put a Spell on You, tout en douceur.

Avec et sans Patrick

Timber Timbre (à prononcer «Timbeur Taimbeur») connaît donc depuis plusieurs mois un sacré boom, qui l'a mené un peu partout sur le continent, de Vancouver jusqu'au Mexique. Si tout se passe en anglais dans le groupe, le chanteur récemment déménagé à Montréal est accompagné de la violoniste torontoise bilingue Mika Posen et du Montréalais Simon Trottier (White Noise Ensemble, Ferriswheel). Ce dernier n'a pas travaillé sur le disque, mais a déjà fait une centaine de concerts avec le groupe, armé d'une guitare slide, d'un synthétiseur et d'une autoharpe.

Le trio sera à l'Impérial de Québec demain en première partie de Patrick Watson et sera la tête d'affiche à La Tulipe à Montréal jeudi, avec invités. «Le spectacle est vraiment différent de l'album studio, explique Trottier au bout du fil. On interprète les pièces du disque. On tripe vraiment sur le jazz, et c'est important pour nous qu'il y ait des moments d'improvisation, d'expérimentation. Et il y a aussi le fait que, comme on a fait beaucoup de premières parties, on devait souvent voyager à l'étroit dans une petite van et apporter moins d'instruments.»

Pendant le concert, avec ses instruments et ses pédales d'effets, Simon Trottier s'efforce donc, en quelque sorte, de jouer le rôle de l'orgue, qui a une place de choix sur le disque mais qui n'est pas présent sur scène. «Je n'essaie pas de faire des mélodies, le violon est là pour ça. Moi, je crée l'atmosphère, qui est un peu sombre, disons... lugubre. J'essaie de recréer les ambiances, c'est un peu l'éclairage.»

Timber Timbre, qui est au coeur d'une longue tournée qui l'amènera jusqu'en Angleterre, en France et en Belgique, aime bien les foules assises, attentives. «On a fait les premières parties d'Owen Pallett cet automne, de Vancouver à Winnipeg, et on a joué beaucoup dans des églises. C'est vraiment les salles qu'on aime le plus: on dirait que les gens ne veulent pas parler et c'est une belle ambiance. C'est silencieux, et les gens écoutent.»

Le concert de Québec, en première partie de Patrick Watson, affiche complet, mais il reste des billets (17 $) pour le spectacle à La Tulipe, à Montréal.

Timber Timbre: Demon Host