Jazz - Tout commence avec Malaby

Oyez, oyez, braves gens! Le saxophoniste ténor Tony Malaby a fait le trajet New York-Montréal. Son point de chute? L'Upstair's, où il se produira ce soir en compagnie du trio de Marianne Trudel, pianiste d'une finesse certaine. Plus tard dans le mois, le batteur Matt Wilson, le contrebassiste Larry Grenadier et le guitariste Peter Bernstein emprunteront la même route que celle de Malaby pour jouer eux aussi au même endroit. Bref, le mois du Upstair's est un gros mois.

Bon. On ne connaît pas très bien Malaby? C'est bien simple, ceux qui fréquentent la Casa del Popolo ou la Sala Rossa savent fort bien qui il est. On introduit le sujet ainsi parce que Malaby allie, mélange, fusionne un son ample avec une déclinaison de notes très actuelles, très modernes, très urbaines qu'affectionnent les abonnés à la Casa. En un mot, Malaby est amant de l'improvisation.

Au cours d'une discussion, il nous a longuement confié combien il aimait jouer dans l'instant ou, plus exactement, combien il appréciait prendre le pari du moment, du risque. Il y a du futurologue en lui, de l'aventurier, de l'éclaireur. Cela précisé, on ne sera pas étonné d'apprendre qu'à New York comme en Europe, il joue en compagnie des instrumentistes les plus portés vers l'avenir, et non vers le passé, sans pour autant renier totalement celui-ci.

Peut-être que le meilleur moyen de vous sensibiliser, si possible, à son art est d'évoquer les noms de ceux qui ont fait appel à son jeu où les emportements et la note allongée, méditée, dominent. Qui sont-ils? Charlie Haden pour Liberation Music Orchestra, Paul Motian pour son Electric Bebop Band, Mark Elias, Michel Portal, Tim Berne, Marty Ehrlich, Daniel Humair, Tom Rainey, William Parker (Yes!)... soit le club regroupant tous ceux qui bousculent les conventions dans la joie.

Si vous avez une inclination pour la curiosité, ou plus précisément si vous avez du goût pour des univers sonores où se côtoient les fantômes de Julius Hemphill et de Jimmy Giuffre avec les bien vivants Paul Bley, Evan Parker et autres, alors on vous con-seille l'acquisition de son album Voladores paru sur étiquette Clean Feed Records.

Cela étant, l'alchimie du style éclaté de Malaby avec celui d'une Trudel encline aux subtilités, aux ponctuations des nuances, devrait produire de l'intéressant dans le sens le plus singulier du terme.

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C'est une histoire de prix, du bon prix, si tant est que celui-ci puisse exister. C'est tout simple, lors de notre shopping musical, on a eu la surprise de tomber sur des albums produits par l'étiquette Nocturne qui retracent l'histoire du jazz de l'époque classique avec des pochettes dessinées par le caricaturiste Cabu. Où est la surprise? La Bouquinerie du Plateau, située au 799 de l'avenue du Mont-Royal Est, vend chacun de ces doubles compacts, tous neufs, à 12 $, au lieu de 20 $ et bien davantage dans les autres magasins ou chaînes. C'est vraiment de l'aubaine! Count Basie, Jimmy Lunceford et autres Duke Ellington à 12 $! Pour une fois qu'on ne prend pas le consommateur pour un cochon de payant...