Saison 2010-2011 - L'OSM fait ses adieux à la salle Wilfrid-Pelletier

L’Orchestre symphonique de Montréal entame une saison historique en 2010-2011, puisque ce sera sa dernière à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. En effet, l’Adresse symphonique, la nouvelle salle de l’OSM, devrait être prête pour la saison 2011-2012.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir L’Orchestre symphonique de Montréal entame une saison historique en 2010-2011, puisque ce sera sa dernière à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. En effet, l’Adresse symphonique, la nouvelle salle de l’OSM, devrait être prête pour la saison 2011-2012.

Kent Nagano et l'Orchestre symphonique de Montréal ont dévoilé hier le contenu de leur saison 2010-2011, qui devrait être la dernière à la salle Wilfrid-Pelletier.

Le programme de ce baroud d'honneur comprend quelques retours: celui du Messie de Haendel, que Kent Nagano dirigera lui-même les 11 et 13 décembre, et celui d'un «grand projet», en l'occurrence le premier volet de la Tétralogie de Wagner en concert. Das Rheingold (L'Or du Rhin) sera présenté en clôture de saison, les 29 et 31 mai 2011.

La saison 2010-2011 sera lancée le 2 septembre 2010 par un concert en plein air auquel participeront le Cirque Éloize, Luck Mervil et Dany Laferrière. Des fonds seront recueillis pour une ONG en Haïti. Kent Nagano laissera ensuite à Jacques Lacombe le soin d'ouvrir la saison régulière, avec Carmina Burana de Carl Orff. Le directeur musical reviendra pour trois semaines en octobre avec les Symphonies no 1, 5 et 6 de Mahler. Le premier de ces rendez-vous, le 5 octobre, sera en même temps le concert-bénéfice, avec Anne-Sophie Mutter dans In tempus praesens, le spectaculaire concerto pour violon de Sofia Goubaïdoulina.

Deux créations québécoises

Les concerts Mahler seront organisés en un mini-cycle, de même que trois concerts programmant les oeuvres du grand compositeur Henri Dutilleux. Autre nouveauté dans les propositions d'abonnements: une série cordes et une série piano, selon les solistes invités. L'OSM compte bien muscler ses abonnements en promettant à ses abonnés de la saison à venir une attribution prioritaire des sièges dans la nouvelle salle.

Le directeur musical dirigera 14 des 34 programmes de cette dernière saison avant l'ouverture de la nouvelle salle, prévue en septembre 2011. Outre Mahler, il conduira les 9e Symphonie de Bruckner, de Schubert et de Chostakovitch; les Symphonies no 31 et 36 de Mozart et reprendra les Symphonies no 5, 6 et 8 de Beethoven.

Deux créations québécoises sont prévues: Vols et vertiges du Gamache de Denys Bouliane, en mars, et Nocturnes montréalais de Jean Lesage, en hommage au père Emmett Johns. Deux orchestres invités, aussi: ceux de Québec, le 7 avril, avec Yoav Talmi et Lise de la Salle, et celui de Toronto, en novembre, avec Peter Oundjian et Andreas Haefliger.

Parmi les chefs de renom, on note notamment les présences de Herbert Blomstedt, de James Conlon, d'Andrew Davis et de Robert Spano. Du côté des solistes: Anne-Sophie

Mutter, Emmanuel Ax, Viviane Hagner, Salvatore Accardo, Midori, Jonathan Biss, Stephen Hough, Simon Trpceski, Nikolaï Luganski, Mischa Maïsky, Jean-Yves Thibaudet et Yefim Bronfman. Une belle présence canadienne aussi, avec André Laplante, Alain Lefèvre, Hélène Mercier, Anne-Julie Caron, Anton Kuerti et Angela Hewitt.

On sera très curieux de découvrir dans un an le concept programmatique de Kent Nagano pour la nouvelle salle, car une nouvelle fois, la saison n'est pas forcément marquée par un débordement d'imagination: encore le 2e Concerto de Brahms (par Peter Serkin et Herbert Blomstedt), encore le 1er Concerto de Tchaïkovski (Laplante-Pletnev), encore le 3e Concerto de Beethoven (Biss-Piollet), qui après Brendel et Lupu méritait un certain moratoire... Dans le même esprit, David Robert Coleman, assistant de Nagano à Munich, qui l'avait aidé à monter ici St. François d'Assise de Messian, se verra confier la 4e Symphonie de Tchaïkovski et Michael Pletnev la 5e du même compositeur. «On n'est jamais trop classique», affiche le nouveau slogan. C'est le moins que l'on puisse dire!