Renan Luce à La Tulipe - Western breton

On l'aime bien, Renan Luce. On l'aimait déjà la première fois, en mars 2007, quand il était encore tout en devenir et plutôt menu de sa personne.

Hier soir à La Tulipe, on le trouvait encore bath, le Breton, bien qu'il soit grand de la chanson devenu. J'ai pas dit parvenu. D'ailleurs, il est encore petit gusse, le Luce. Mais désormais contagieux comme le typhus. Tous ces Zénith remplis, et toutes ces Victoires en sus, ça lui a fait les dents, le Renan. Vous avez dit performant? Épatant? Plus rodé, tu t'érodes, Hérode!

Il est tellement aguerri aux salles de cinq mille et plus, le Luce, que le voir ainsi à La Tulipe en plein mercredi de gadoue d'ici, ça voulait dire qu'on était vernis.

Nous, c'est-à-dire aux deux tiers des Français, très évidemment contents de leur chance et le faisant savoir bruyamment. «Y a-t-il tout de même des Québécois?», s'est enquis la coqueluche de Paris. Le tiers restant a fait oui. «C'est pas pour tout de suite, la carrière internationale», a conclu l'homme au million d'albums vendus, pas trop déçu.

Avant lui, le même sort avait attendu Raphaël, Vincent Delerm: quand les idoles de là-bas s'amènent, le collège Stanislas s'entasse.

Et Français et Québécois ont été ravis, dûment et complètement. Les refrains entonnés d'office (du premier tube Les Voisines à la récente On n'est pas à une bêtise près, chanson-thème du film Le Petit Nicolas), les histoires si finement tournées (dont celle de la pouceuce de Nantes, véritable court-métrage), le charme sans prétention, c'est tout bon, son gueuleton.

Et c'est tout un western breton qu'il a servi, Luce Renan, brassant avec ses quatre Dalton à lui sa sorte de Brassens dans la marmite à spaghetti d'Ennio Morricone.

De la chanson à grandeur d'horizon, guitares, ukulélé, banjo et harmonica pour bivouac en terre nord-américaine. Hier, c'était Renan parmi les siens, mais tout de même au Far West.