Festival Montréal en lumière - Constantinople sur la piste du flamenco

Inspiré d’un poème de Garcia Lorca, El grito, el silencio… est né sur scène à Montréal en 2008.
Photo: Jean-Marc Bourque Inspiré d’un poème de Garcia Lorca, El grito, el silencio… est né sur scène à Montréal en 2008.

Avec la chanteuse Rosario La Tremendita et le guitariste Juan Requena, l'ensemble montréalais Constantinople se plonge l'âme dans le flamenco à partir de ses racines persanes, s'arrêtant demain à la salle Pierre-Mercure de Montréal et samedi au théâtre Centennial de Sherbrooke. Au programme: El grito, el silencio..., là où le cri et le silence font la paire.

«Durant le spectacle, nous jouons constamment entre un pôle très tendu et un autre qui est relâché, explique Kiya Tabassian, directeur artistique de Constantinople. Dans la musique orientale, l'artiste doit d'abord faire le vide pour ensuite parler.» Pour Rosario La Tremendita, étoile montante de la jeune génération flamenca, le silence est aussi une partie intégrante de son univers de création: «Notre musique renferme les opposés pour permettre d'exprimer une large gamme d'émotions.»

Inspiré d'un poème de Garcia Lorca, El grito, el silencio... est né sur scène à Montréal en 2008. Après l'avoir porté en Europe, ses interprètes ont bellement approfondi le dialogue entre les deux cultures. Et cela était nettement perceptible vendredi dernier lors du concert présenté au théâtre Hector-Charland de L'Assomption. Avec beaucoup de profondeur, les similitudes entre les rythmes, les modes, les techniques de jeu des cordes et les ornements des chants furent développés dans le respect des styles de chacun. La viole de gambe adoucit le chant rauque et voilé de Rosario La Tremendita, alors que la guitare plus harmonique que violente de Juan Requena se marie bien à la délicatesse des cordes orientales du sétar de Kiya Tabassian, pendant que son frère Ziya crée son propre langage percussif avec tombak, tambourin et cajon. L'ensemble pénètre aussi bien la fulgurance de la soleá que les emportements rapides de la bulería. La Tremendita résume: «Je n'aime pas fusionner les genres. Il s'agit d'une rencontre de musiciens et non de musiques.» Belle synthèse.

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Collaborateur du Devoir