La Grande Sophie - Vincent Vallières - Mon beau programme

Le font-ils exprès? Rien hier, rien avant-hier, et puis hier soir, tous à la fois, tous en spectacle dans le même périmètre, ou presque: Bet.e au Soda, Bïa avec Yves Desrosiers au Studio-théâtre de la PdA, Vincent Vallières au Métropolis, Ariane Moffatt en trio un peu plus à l'est, au National. Où aller? C'est arbitraire, j'ai choisi Vallières, avec Dany Placard et Toots Macbeth en «petit réchauffement»: c'était trop dans mes cordes. De guitare.

Plus tôt en soirée, tout près itou, l'occasion de compléter un beau programme se présentait et je l'ai saisie à bras le corps: La Grande Sophie, belle battante de la chanson pop-rock française, s'offrait en showcase à L'Astral. Formule piano-guitare-grosse caisse portative, en amont de la Bourse Rideau. But de l'opération: convaincre des diffuseurs d'ici. Elle a empoigné ces pros et en a fait des fans illico. De Pardonner à la bien-nommée Dans le show business, on avait l'impression d'avoir toujours connu et aimé les chansons de son dernier album (Des vagues et des ruisseaux, qu'on relançait hier). Gageons qu'on la reverra, Sophie la grande, en tournée cette fois.

Au Métropolis, après que le folk de garage de Placard-Macbeth eut dûment déblayé l'entrée (le bluegrass, ça décrasse), Vallières et les siens (dont le Daniel Lanois québécois de la six-cordes râpeuse, j'ai nommé Olivier Langevin) ont joué comme on joue quand on a de la place, du son et du monde en masse. À savoir: massivement, comme dans l'expression sportive attaque massive. À la Tom Petty avec ses Heartbreakers, c'est-à-dire avec honnêteté et intensité, avec des refrains-archétypes qu'on ne peut pas ne pas entonner, des histoires d'amour, d'amitié et de route qui sonnent vrai, des guitares qui répondent à des guitares, et du rock qui fleure bon le folk. À quand le Centre Bell, Vincent?

N'avoir pas eu à écrire ces lignes, j'aurais été voir où Ariane en était. Sacrée soirée, en vérité. À février près, on aurait juré les Francos.