L'ADISQ déplore la popularité des produits québécois sur les sites de téléchargement illégal

Si la forte cote des artistes québécois sur les sites pair-à-pair est une bonne nouvelle, l'impact de cette affection qui va croissant sur le Web ne laisse rien présager de bon à long terme pour le milieu de la musique, affirme l'ADISQ.

L'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ) a réagi hier à l'étude dévoilée plus tôt cette semaine par l'Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ), qui démontre que 51 % des contenus musicaux téléchargés au Québec sur des sites de téléchargement pair-à-pair (P2P) sont des produits québécois.

L'étude, réalisée en avril 2009 sur un site P2P administré au Québec, révèle que les usagers y préfèrent la musique d'ici, même si celle-ci ne représente que 21 % de l'offre. Le Québec semble donc s'inscrire dans la tendance mondiale observée dans la consommation de contenus musicaux en ligne, dont plus du tiers passe aujourd'hui par des sites pair-à-pair.

Contrairement à ce qu'on pense, les Québécois téléchargent donc illégalement plus de produits québécois que projeté, au détriment du téléchargement éthique ou de l'achat de CD en magasin, affirme l'auteur de l'étude, Martin Tétu.

L'ADISQ juge que cette popularité risque, à terme, de réduire les artistes au silence. «Les artistes et tous ceux qui travaillent avec eux ne perçoivent aucune retombée de cette utilisation de leur travail. On expose à terme la société québécoise à un vide immense dans le renouvellement de cette partie de la culture», a fait valoir hier l'ADISQ, par la voix de sa directrice générale, Solange Drouin.

Le mauvais positionnement des contenus québécois sur les sites légaux québécois et étrangers serait en partie responsable de cette situation, pense la porte-parole de l'ADISQ. Pour mieux rayonner dans le monde numérique, l'ADISQ espère pouvoir compter à nouveau sur le soutien du gouvernement du Québec. «Les investissements nécessaires pour permettre la diffusion et la promotion de la musique québécoise dans cet univers sont élevés, alors que les ventes de disques sont au plus bas», a soutenu hier Mme Drouin.

Par ailleurs, esprit olympique aidant, la chanson officielle des Jeux olympiques, I Believe, interprétée par la chanteuse montréalaise de 16 ans Nikki Yanofsky, s'est hissée cette semaine au premier rang du palmarès canadien du site de musique en ligne iTunes, damant le pion aux Black Eyed Peas, Taylor Swift et Ke$ha de ce monde.