Spectacle - Galant, tu perds ton temps: l'enchantement

C'était soir de chant et d'enchantement hier soir à la Tulipe, alors que le sextuor montréalais de musique trad Galant, tu perds ton temps a conquis l'auditoire en moins de temps qu'il n'en faut pour crier Bonne Année! D'un côté cinq femmes qui réussissent avec leurs seules voix à créer une véritable célébration, en projetant des valses turluttées, des turluttes harmonisées, des chansons à répondre et même des complaintes mordantes et tragiques. De l'autre, un galant percussionniste, qui est souvent la risée de ses complices, mais qui visiblement, ne se présente pas pour perdre son temps.

Le concert débute progressivement avec un clin d'oeil à Jonas dans la Baleine. Josiane Hébert attaque avec finesse en solo sur un air de valse, avant que les autres n'emboîtent progressivement le pas. À la fin de la pièce, elles devaient bien chanter en quatre parties distinctes. C'était envoûtant! Debout et toutes de noires vêtues, elles ont démarré la fête sans le galant Jean-François Berthiaume qui est arrivé dès la pièce suivante à grands coups de transe ardente. On le sentait prêt à prendre son envolée et à s'éloigner parfois des rythmes du plus récent disque. Ce qu'il a fait durant tout le concert en accélérant ou en diminuant la cadence, en appuyant l'effet dramatique des textes, en jouant sur les timbres, les variations, les descentes et même en s'effaçant parfois pour laisser toute la place à l'émotion de l'a capella. Entre son jeu frénétique et les voix féminines, les contrastes sont saisissants. On a parfois l'impression de ressentir à la fois les hauteurs célestes et la terre qui brûle.

Les cinq femmes se lancent à l'unisson, répondent à tour de rôle, alternent pour les solos, changent de rôles avec la rapidité de courts montages sonores. Cela donne à la prestation du rythme et de l'énergie. Et tout semble pourtant si spontané. Parfois la soliste répond avec les répondeuses et confond volontairement les rôles. À d'autres moments, les réponses sont harmonisées à deux, trois, jusqu'à cinq voix.

Les Galant ... proposent des chants pour briser les chaînes, autant que pour rire ou pleurer. Elles célèbrent la femme dans toutes les situations de vie en racontant des histoires de loups en automobile qui croquent le petit chaperon rouge et de filles qui se cherchent un amant ou qui se moquent du galant. Elles racontent la tendresse, les adieux, les pères malhonnêtes et les meurtres. Si les présentations sont simples et rigolotes, les chants et les rythmes dégagent de la profondeur. Le groupe est définitivement voué à un avenir radieux.