GSI-Musique réduira ses activités en 2010

Pas de fermeture à l'horizon, mais GSI Musique, l'une des plus vieilles maisons de disques du Québec, cherche à former un partenariat, une association, pour maintenir son rythme actuel de production. Sinon, dès 2010, elle devra réduire ses sorties de disques et miser davantage sur la mise en marché de son catalogue existant.

«S'il n'y a pas d'association, de fusion ou de partenariat, on va moins investir en production et on va se consacrer à mieux promouvoir ceux qu'on a faits», explique Robert Vinet, patron de GSI Musique, fondée en 1983.

C'est un virage amorcé depuis quelques années dans le milieu: les artistes multiplient les tournées pour trouver d'autres sources de revenus que les ventes de disques. Mais le jeu du marché fait en sorte que les diffuseurs en région, devant cette surabondance d'offres, veulent payer moins cher pour les spectacles. Donc là encore, les revenus s'effritent. La culture de la gratuité se répand partout...

«Il y a des réajustements qui doivent se faire [dans le contexte de crise que connaît l'industrie] et je ne pense pas que je suis le seul», dit celui qui envisage aussi de travailler avec une équipe réduite. Une partie de ses salariés pourrait ainsi passer à forfait. «Mais on n'a pas du tout l'intention de remercier 50 % de nos artistes», insiste-t-il.

Si GSI a connu de bons succès critiques cette année, notamment avec les nouveaux albums de Chloé Sainte-Marie, d'Andrea Lindsay et avec l'anthologie en DVD de la carrière d'Yvon Deschamps, ces succès ne se sont pas répercutés sur les ventes.

GSI cherche donc un partenaire «dans l'industrie de la musique ou en télé», précise M. Vinet, puisqu'il aimerait bien réaliser des anthologies DVD de Jean-Pierre Ferland et de Gilles Vigneault.

«On n'a pas des structures de capital très fortes, on n'a pas de vaches à lait sauf quelques exceptions», souligne-t-il. On peut penser ici au fulgurant succès de Coeur de pirate, qui fait les beaux jours de l'étiquette Dare to Care.

En cette période de transition que vit l'industrie, M. Vinet souhaiterait voir réapparaître le programme de garantie de prêt et de prêt de capitalisation SPEQ, que le gouvernement Charest a mis sous moratoire en 2003, et ce, pour un temps indéterminé.

Pionnier de l'industrie musicale, Robert Vinet fondait GSI en 1983, la même année où apparaît Justin Time. L'année suivante naissait l'autre étiquette indépendante Audiogram, qui représente notamment Pierre Lapointe, Daniel Bélanger, Ariane Moffatt, Karkwa et Jean Leloup. La plupart des autres joueurs sont apparus dans les années 1990 (La Tribu, Tacca Musique, Vega Musique) et 2000 (Dare to Care, Bonsound, Spectra Musique).

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