Rentrée montréalaise - Marie-Pierre Arthur: droit, droit devant

Marie-Pierre Arthur fait sa rentrée montréalaise officielle, mercredi au National.
Photo: Valérie Jodoin Keaton Marie-Pierre Arthur fait sa rentrée montréalaise officielle, mercredi au National.

Depuis la parution de son premier disque en mars, ça va terriblement bien pour Marie-Pierre Arthur, cette auteure-compositrice-interprète qui a longtemps oeuvré à la guitare basse derrière Ariane Moffatt, Mara Tremblay et Stefie Shock. «Terriblement», le mot est d'elle, et elle le répétera souvent au cours de cet entretien en forme de bilan.

Dans le parcours de Marie-Pierre Arthur, native de Grande-Vallée, en Gaspésie, ce «terriblement» a deux résonances. Aux aurores de sa carrière solo, c'étaient les craintes et les inquiétudes qui la rongeaient. «J'ai eu très peur que ça soit mal reçu, que ça m'empêche d'exister en partant.» Aujourd'hui, suffit de regarder la route dans le rétroviseur pour que ce «terriblement» en soit un d'ivresse.

Son folk chaleureux et sa voix un brin nasillarde mais magnétique lui ont permis de décrocher un lot de nominations diverses — malheureusement sans concrétisation. Tout de même, l'interprète de Pouquoi? et de Droit devant a vu son nom apparaître dans trois catégories à l'ADISQ (Révélation, Album folk contemporain et Chanson de l'année) et dans quatre au GAMIQ, l'ADISQ du champ gauche. Sans oublier sa candidature pour le prix Félix-Leclerc et le prix Écho de la SOCAN.

«On dirait que ça fait deux ou trois ans que l'album est sorti!, rigole Arthur. Et ç'a passé vite en même temps, tabarouette, j'ai l'impression de ne pas avoir goûté à chaque moment. Là, je sens que je suis installée dans quelque chose, dans ma nouvelle vie de chanteuse, et je me sens bien. Je me sens de plus en plus assumée, de plus en plus relax.»


De Montréal à Paris?

Nerveuse, elle l'était au début du printemps, sur la scène de La Tulipe, lors de son premier gros concert dans la métropole. Mais elle raconte que le groupe a pris du galon depuis, parfait pour sa rentrée montréalaise officielle, mercredi au National. «C'est bien rodé, je me sens beaucoup plus solide, plus en confiance, et je sens qu'on a trouvé notre son, raconte-t-elle. Au départ, le rêve était d'être fière d'un disque, et là, le nouveau but c'est de partir en spectacle, et de cruiser du monde! Et je sens que le public est terriblement là.»

Le groupe a retranché un des ses deux claviéristes, Sandy Belfort, pour salir davantage le son avec des guitares, un choix qui a été dur pour Marie-Pierre Arthur. «Ce que j'aimais au début dans le concept, c'est que c'était un groupe avant [Villa Borghese]. Mais je ne suis pas arrivée à la conclusion que deux claviers, ça rendait service aux pièces. On a fait de la recherche un peu, on a essayé quelques concerts, mais je n'arrivais jamais à ce que j'avais envie d'entendre. Ce n'est pas facile de faire ça, mais c'est comme ça.»

La bassiste, qui a écoulé environ 9000 exemplaires du disque portant son nom, a aussi fait cette année plusieurs showcases, un genre de concert devant l'industrie, le plus récent étant celui de M pour Montréal. «Ç'a "scoré"! On a joué dans le tapis les 25 minutes, je le sentais que ça marchait.» Résultat: de gros agents de spectacles européens sont intéressés, tout comme une étiquette de disque française, qui pourrait faire paraître son album dans l'Hexagone, si les discussions vont bon train. «Je ne vise pas la France à tout prix, mais tant mieux s'il se passe quelque chose. Je ne déménagerais pas là six mois, dit Marie-Pierre Arthur, faisant référence au séjour parisien de sa bonne amie Ariane Moffatt. Mais je ne suis pas sortie du bois pour autant ici, y'a encore ben de la job à faire!»