Festival Akousma: pour le son dans tous ses éclats

Pause temporelle et retour en arrière: l'Expo 67 est loin derrière. Mais dès ce soir, l'événement d'une génération va chercher une nouvelle fois à résonner dans notre époque. Par l'oreille, ce coup-ci. Et en huit minutes.

Dans le cadre de la sixième édition du festival Akousma, Centre-élan, la composition électro-acoustique imaginée par l'artiste Gilles Tremblay pour l'habillage sonore du pavillon du Québec il y 42 ans, reprend en effet du service ce soir au Monument-National de Montréal. Et ce, avec son assemblage de «bips» futuristes aux accents surannés, de bruits d'eau ou de forêt qui vont facilement trouver leur place dans cette petite messe de la sonorité moderne. Jusqu'à dimanche, Akousma met la musique électroacoustique à l'honneur en présentant «le son dans tous ses éclats».

«Cette année, on a recherché l'éclatement esthétique», lance à l'autre bout du fil Nicolas Bernier, directeur artistique de l'événement. Et l'objectif est simple: sortir ce style musical de son hermétisme traditionnel pour attirer cette année les curieux, sans toutefois pervertir le genre, poursuit-il.

L'équation est précaire. Elle va se décliner aussi durant les trois prochains jours avec une série de rencontres et de concerts, présentés un peu partout dans la ville. Des noms? Le Suédois BJ Nielson est au programme pour parler de l'intégration de paysage sonore dans une ¶uvre musicale, le Français eRikm débarque pour explorer les sonorités du cinéma, alors que pour la finale, trois duos d'artistes contemporains vont exposer le fruit de leurs recherches en électroacoustisme et mouvements du corps. Esprits obtus et oreilles sensibles s'abstenir.