Coup de coeur francophone - Bernard Adamus, l'ascension

Bernard Adamus est depuis quelques mois le «talk of town» sur la scène alternative
Photo: Michel Pineault Bernard Adamus est depuis quelques mois le «talk of town» sur la scène alternative

Quand ça va bien, ça va bien, et Bernard Adamus en est la preuve vivante. L'automne a été très prolifique pour le chanteur au son folk et blues authentique et rugueux. Relatif inconnu en début d'année, le guitariste a été la vedette du Festival en chanson de Petite-Vallée, avant de remporter le prix Écho de la SOCAN et d'être recruté par la dynamique maison de disque indépendante Grosse Boîte, qui rééditera son album Brun, fait à compte d'auteur et difficile à trouver chez les disquaires.

Né en Pologne mais viscéralement montréalais, Bernard Adamus prend ses récents succès avec modestie et réalisme, mais non sans fierté. Il est depuis quelques mois le «talk of the town» sur la scène alternative. Sa musique simple et bringuebalante aux accents de Plume Latraverse prenant le parti du monde ordinaire — il faut écouter La Question à 100 piasses — séduit par son énergie. Ça tape du pied, ça chante en choeur, c'est magnifiquement vivant et humain — l'impressionnante foule présente lors de son spectacle extérieur aux dernières FrancoFolies peut en témoigner.

Même un vol d'instruments à son domicile n'a pas freiné Adamus, à qui tout semble sourire. Il énumère. «Pour pouvoir me racheter des instruments, j'ai fait un show-bénéfice qui a très bien marché. Le lendemain on jouait Joliette, j'ai couché avec deux filles pour la première fois. Le lundi, on est revenu à Montréal et la police avait retrouvé dans un pawnshop ma guitare Boucher que j'ai gagnée à Petite-Vallée et qui vaut quand même 3000 $. Et pis même la SOCAN m'a appelé pour me dire que je venais de gagner 5000 $. Mettons que cette semaine-là est dans le top 10 de ma vie!» Quand ça va bien...

Ironie du sort, c'est sa chanson La Question à 100 piasses qui lui a valu les honneurs de la SOCAN. «C'est la chanson sur mes problèmes d'argent, mais finalement, cette toune-là m'en a valu un petit paquet! Et elle m'a ouvert pas mal de portes.»

Nouveau souffle

Généralement de bons limiers, les gens de l'étiquette Grosse Boîte (Coeur de pirate, Avec pas d'casque, La Descente du coude, La Patère rose), ont offert à Adamus de rééditer son disque, en plus de lui proposer un contrat pour un éventuel deuxième opus. Cette entente permettra à Brun d'avoir une nouvelle vie, et surtout une bien meilleure distribution chez les disquaires.

«Cet été, je m'arrangeais avec les moyens du bord, en vendant par Internet, et avec mon sac à dos j'allais porter des CD dans les Archambault du centre-ville, à l'Avant Gardisque et à l'Oblique, raconte Adamus. Maintenant avec Grosse Boîte, ils vont s'arranger pour mettre des affiches dans les magasins et pour que les disquaires en aient tous des copies. Là, on va vraiment voir quelles portes sont ouvertes. Mais j'ai une amie qui était bien fière de me dire qu'à son épicerie, le gars à la caisse chantait ma chanson Brun la couleur de l'amour. Ça veut dire que c'est sorti de notre réseau, et que des inconnus les écoutent quelque part.»