Le Centre d'arts Orford perd son directeur général

Nouveau bouleversement à la tête du Centre d'arts Orford, deux semaines après la nomination de Jean-François Rivest à la direction artistique: Davis Joachim, directeur général, quittera son poste dès demain.

En apparence, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le conseil d'administration du Centre d'arts Orford (CAO) a publié un communiqué statuant: «C'est avec regret que nous voyons Davis Joachim quitter. [...] Il a su diriger l'organisation vers l'équilibre budgétaire et battre tous les records d'inscriptions et de ventes de son histoire. Il est également l'instigateur de la renaissance plébiscitée du Nouveau Quatuor à cordes Orford. Finalement, c'est sous son leadership que le CAO a obtenu le financement de 6,85 millions de dollars du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine pour notre projet de modernisation et de mises aux normes de nos infrastructures.»

De son côté, l'intéressé, joint par Le Devoir, se dit «fatigué», ajoutant: «Je suis content des résultats obtenus, je viens de me marier et je veux être près de ma famille, à Montréal.» Il est pourtant évident que Davis Joachim, qui cumulait les fonctions de directeur général et de directeur artistique, a été blessé que la réponse à ses succès ait été l'embauche d'un directeur artistique, même s'«il était clair dès le départ que Jean-François Rivest prendrait en charge à la fois l'académie et la programmation du festival». Dans les faits, celui auquel le conseil d'administration attribue les succès récents s'est vu ravalé d'un coup au rang de gestionnaire d'auberge et de quêteur de commandites.

Selon nos sources, les objectifs des commandites privées étaient placés à un niveau suffisamment haut pour provoquer la «fatigue» du directeur, dont la mésentente avec l'ancien président du conseil d'administration, le très influent Pierre Goulet, grand promoteur du rapprochement avec l'Orchestre symphonique de Montréal, est notoire.

Davis Joachim se garde de tout commentaire à ce sujet, mais son analyse est que, malgré le Festival de Knowlton, «il existe un public loyal et dédié au Centre d'arts Orford», qu'il y a «de l'argent autour du lac» [de Magog], même s'il ajoute aussitôt: «Mais cet argent est-il disponible? Cela dépendra de qui pose la question à qui!»

Le directeur sortant souligne que les finances sont saines et que «quand les salles sont pleines, on peut continuer à bâtir». Le plus grand défi sera, selon lui, de «consolider les atouts et de gérer la croissance». À ses yeux, «il serait dangereux d'avoir de grands projets sans la salle pour les appuyer... »

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