Musiques spécialisées - Le Conseil des arts contredit le ministère

Ottawa — Des représentants du Conseil des arts du Canada (CAC) ont contredit jeudi les fonctionnaires du ministère du Patrimoine canadien venus défendre en comité parlementaire la décision de supprimer deux fonds d'aide aux musiques spécialisées. Selon le CAC, la mesure aura nécessairement un impact négatif sur cette production musicale.

Devant ce comité parlementaire, le directeur général des industries culturelles au ministère, Jean-François Bernier, a notamment affirmé que «la réaffectation des ressources permettra d'éliminer un chevauchement» entre les programmes offerts, et que le «volume d'enregistrements sonores ne sera pas réduit par la modernisation» du Fonds de la musique du Canada (FMC).

En juillet dernier, le gouvernement a décidé que le FMC ne financerait plus deux programmes d'aide à la création et à la diffusion des musiques spécialisées. En lieu et place, deux nouveaux programmes de développement des marchés numériques et internationaux ont été mis sur pied.

Or, selon l'analyse du CAC, «la nouvelle version du Fonds [de la musique du Canada] semble appuyer le fait que de nombreux musiciens de jazz, de folk, de musique du monde et de musique classique contemporaine pourraient ne plus avoir accès à du soutien à l'enregistrement sonore au niveau

fédéral, alors que le soutien à l'enregistrement sonore de niveau provincial est irrégulier», a indiqué Carol Bream, directrice des communications.

Russell Kelly, responsable de la section musique au CAC, a ajouté que «l'analyse des dernières trois années et demie, ajoutée aux conclusions de l'évaluation sommative, soulève de sérieuses questions à propos des conclusions» voulant que les artistes pourront trouver ailleurs ce qu'ils trouvaient au Conseil des arts.

Selon le Conseil — qui gérait le 1,35 million supprimé —, pas plus de 15 % des artistes qui étaient financés par les fonds coupés recevaient aussi du financement d'autres programmes de Musicaction ou de Factor. Au moins 85 % des artistes que le Conseil soutient ne seront ainsi «probablement pas capables de trouver un support similaire» ailleurs au niveau fédéral dans le futur, a fait valoir Russell Kelly.

Musicaction et Factor ont pour leur part défendu la décision du gouvernement de déplacer les sommes coupées du CAC vers leurs organismes. La directrice générale de Musiaction, Andrée Ménard, a affirmé que l'organisme «fait une place importante aux artistes émergents et aux entreprises qui soutiennent leur développement». Elle a démenti l'allégation selon laquelle l'accès au financement de Musicaction serait déterminé selon des critères de rentabilité, ce que plusieurs artistes affirment.

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