23e Coup de coeur francophone - Urs Karpatz en tournée québécoise

Urs Karpatz compte parmi ce que la France a de mieux à offrir sur le plan des musiques tsiganes. S'ils reviennent pour la quatrième fois au Québec, ils bourlinguent cette fois-ci dans 17 villes québécoises jusqu'au 28 novembre. Demain soir, dans le cadre de Coup de cœur francophone, ils s'arrêteront au Club Soda avec leurs compères de Sagapool du Gypsy Sound System.

Urs Karpatz n'est pas un groupe pour touristes et son répertoire s'inspire de la grande odyssée du peuple rom, du nord de l'Inde aux Balkans. Larmoiements de violons, plainte profonde des chants désespérés, formidables unissons, maqâms orientaux, mélodies bondissantes, clins d'oeil au jazz. Tout cela avec beaucoup de caractère.

Le leader Dimitri Serguëi Lazar est un personnage de légende. Franco-Slave, il s'enfuit en bas âge de chez lui avant d'être recueilli par les gens du voyage. Il les suit pendant 20 ans, réalise sur eux des films, des livres et des reportages plus ou moins clandestins. Avec eux, il fait un peu de musique, tsigane russe principalement. Partout, il en profite pour apprendre le répertoire si riche des chants traditionnels. Il raconte. «On allait principalement dans les pays de l'ex-URSS, mais aussi jusqu'en Turquie. On devait composer avec les aléas de leur vie, car le nomadisme n'était pas toléré partout. On s'arrêtait parfois aux portes des villes où vivaient les sous-prolétaires. On ne faisait pas de collecte. On buvait de la vodka et on chantait.»

Un jour en Bosnie, Dimitri sauve un enfant de la noyade. Le chef du clan lui offre alors un ours. Dimitri devient montreur d'ours. Lors des spectacles, il est accompagné par des musiciens roms de plusieurs pays, Avec eux, il forme Urs Karpatz. Le groupe monte sur scène avec les mammifères jusqu'au début du millénaire. Puis un choix s'imposera: celui de la musique. «Au début, chacun des musiciens sortait plus difficilement de sa culture. On est maintenant devenu le groupe des cultures tsiganes, pas seulement d'une seule», résume Dimitri.

Collaborateur du Devoir

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