Pierre Lapointe au Métropolis - Vive la chute du quatrième mur

Le public des FrancoFolies a retrouvé le Pierre Lapointe un peu baveux, souvent comique, qui dialogue avec la foule.
Photo: Le public des FrancoFolies a retrouvé le Pierre Lapointe un peu baveux, souvent comique, qui dialogue avec la foule.

Le Mutantès de Pierre Lapointe, c'était quand même quelque chose. Un concert plus grand que nature, avec tous ces danseurs, les décors, les musiciens dans la fosse. Presque un opéra et pas tout à fait une pièce de théâtre. Mais il y avait quelque chose de frustrant aussi à ça: le mur entre Pierre Lapointe et le public. Le fameux quatrième mur qui isole chacun de son côté le parterre et la scène.

Dimanche soir au Métropolis, le mur est tombé, et c'était franchement génial. Le public des FrancoFolies a retrouvé le Pierre Lapointe un peu baveux, souvent comique, qui dialogue avec la foule. C'était Lapointe, sans autres invités que ses propres musiciens, sans chorégraphie, sans chichi. Pile ce qu'il fallait à la foule nombreuse: du brut.

Jouant à l'animateur de colonie de vacances un peu infantilisant, Lapointe s'est rebaptisé non sans humour «Pomme d'api», à l'instar de tous ces meneurs de troupes estivales portant d'étranges sobriquets. Entre quelques fous rires partagés par la foule, Lapointe a enchaîné ses morceaux puissants et ses douces ballades piano-voix, remerciant souvent le public.

Ils étaient sept musiciens sur scène, sans compter le chanteur. Alors, quand ça éclatait, le Métropolis vibrait, et ce, dès le premier titre du concert, Ces étranges lueurs, et son crescendo saccadé. Lapointe s'est amusé à triturer ses morceaux, remplaçant beaucoup des cordes par de bizarres synthétiseurs aériens, insérant plusieurs trames électroniques, transformant même Tous les visages et Le Lion imberbe.

Dans les temps plus doux du concert, Lapointe est toutefois resté assez proche des versions originales, notamment lors des touchantes Nous restions là et Les Vertiges d'en haut.

La voix juste et le geste leste, le chanteur était en parfaite harmonie avec la foule, de quoi nous écrier: vive la fin du quatrième mur!

Sammy Decoster

Plus tôt dimanche, au Club Soda, le Français Sammy Decoster est monté sur scène en première partie de Catherine Major, pour défendre les chansons de son premier album Tucumcari. Si sur disque Decoster est une des belles découvertes du moment, la scène lui va également à merveille.

Un peu maladroit entre les pièces, malgré quelques pointes d'humour, Decoster, accompagné d'une contrebasse et d'une batterie, s'est toutefois avéré plein d'assurance dans les interprétations de ses morceaux folk-rock inspiré du sud des États-Unis. À travers des pièces parfois douces et poussiéreuses (Tu me hantes, Je partirai me suicider à Hawaï) et parfois brutes (L'Homme que je ne suis pas), le chanteur a démontré l'étendue de sa palette vocale. Cet avant-goût est prometteur, on espère grandement son retour à Montréal pour en entendre davantage.

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