Pierre Lapointe, la simplicité retrouvée

Pierre Lapointe se présentera donc en lui-même: ni dandy 
ni mutant, mais pas anonyme pour autant.
Photo: Jacques Grenier Pierre Lapointe se présentera donc en lui-même: ni dandy ni mutant, mais pas anonyme pour autant.

Pierre Lapointe donnant un spectacle aux FrancoFolies, ce n'est pas en soi une nouvelle: ce serait comme se surprendre de la parution d'un nouveau film de Woody Allen. Mais Pierre Lapointe qui fait un spectacle «normal» aux Francos, là, on touche à l'inédit.

Si on se rappelle les concerts Pépiphonique, en 2005, Pierre Lapointe voit bleu et rouge, en 2006, son concert avec l'Orchestre métropolitain en 2007 ou le gigantesque Mutantès, l'an dernier, on remarque que Lapointe n'a pas abusé de la normalité ces dernières années. D'où l'idée d'y toucher, pour une fois, dimanche soir au Métropolis.

C'est donc le spectacle de sa tournée Sentiments humains qu'il présentera. Ni plus, ni moins. En toute simplicité, qui plus est. Au téléphone, Pierre Lapointe rigole de la situation. «C'est vrai que c'est nouveau que je ne fasse rien de nouveau, dit-il. Franchement, je me sens beaucoup plus relaxe et décontracté cette année qu'à pareille date l'an dernier, et ça fait du bien.»

Parce que l'an dernier, il bûchait comme un forçat au goulag pour préparer Mutantès, cette vaste odyssée d'une vingtaine de nouvelles chansons à la lourde scénographie. Une «grande expérience» pour Lapointe, mais une «source de pression incroyable» qu'il n'avait pas envie de revivre cette année.

Alors exit le personnage du mutant froid, la mise en scène élaborée et la cohorte de danseurs. Plutôt: bonjour la spontanéité, le contact direct avec le public et le plaisir brut de faire de la musique sans se frapper la tête contre un mur...

Pierre Lapointe annonce ainsi un spectacle décontracté, où il ne se prend pas au sérieux, un spectacle où la seule mise en scène est celle du choix des chansons, un truc hyper sobre qui le ramènera plus près de sa première tournée que de Mutantès. Les chansons de Sentiments humains seront livrées sensiblement dans le même format que sur l'album, mais les plus «vieilles» pièces auront droit à des réarrangements complets.

«Je vais toujours d'un extrême à l'autre, explique Lapointe. Là, j'avais besoin de cette simplicité, de montrer au public que je suis autre chose qu'un gars angoissé qui donne l'impression de vouloir s'ouvrir les veines aux 60 minutes... »

Pierre Lapointe se présentera donc en Pierre Lapointe: ni dandy ni mutant, mais pas anonyme pour autant. Il reste toujours au fond de lui un petit quelque chose du personnage amusant des débuts, celui qui ne se prenait pas pour un pied de céleri. C'est voulu: c'est son humour. «J'étais comme ça au secondaire, je signais "Peter the Star" et ça amusait mes amis. Mais avec les années, j'ai pu me libérer du personnage qui me cachait et qui cachait ma très grande gêne.»

La seule petite gêne qu'il pourrait ressentir cette année aux Francos sera celle d'officier aux platines des Partys du Shag (mardi à minuit, au Savoy), une première pour Lapointe. Mais pour le reste, ce spectacle au Métropolis (avec son bon ami Albin de la Simone en première partie), ce sera du Lapointe en zone de confort. En attendant la prochaine folie, bien sûr.

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