Festival d'été de Québec - Le miraculeux retour d'Indochine

Le chanteur du groupe Indochine, Nicola Sirkis (au centre), aux côtés du guitariste Oli de Sat.
Photo: Agence France-Presse (photo) Le chanteur du groupe Indochine, Nicola Sirkis (au centre), aux côtés du guitariste Oli de Sat.

Québec — Indochine qui revient au Québec, c'est un peu un miracle. Retrouver sur scène ce mythique groupe français des années 1980 qui était à l'agonie il y a une dizaine d'années, c'en est un deuxième. Et parce que jamais deux sans trois: assister à un concert gratuit à l'heure où toutes les dates de la prochaine tournée s'annoncent complètes semble à peine croyable. Pour toutes ces raisons, il ne fait aucun doute que les fans seront nombreux, ce soir, à acclamer La République des météores, le plus récent opus ultra éclectique du groupe, sur les plaines d'Abraham.

Le plus grand des fans d'Indochine sera, lui, sur scène. Depuis longtemps devenu membre à part entière d'Indochine, il a encore du mal à toucher terre. «Il suffit que je me replonge dans les succès qui ont précédé Paradize (le premier album sur lequel il est réellement intervenu) pour me retrouver dans la peau d'un fan et oublier que je fais désormais partie intégrante de l'histoire d'Indo», confie le compositeur Oli de Sat en entretien téléphonique. Nom qu'il a gagné à la sueur de son front lors de sa première collaboration avec Indochine pour la pochette du simple Satellite tiré de l'album Wax, produit en 1996. Véritable flop médiatique, Wax annonce la mort du groupe. C'était sans compter sur le nouveau venu. En 2002, Paradize fait renaître Indochine de ses cendres. Plus du tout has been, le groupe innove et remplit les salles en France et au Québec avec cet album et avec les deux autres qui suivront.

Le Québec, c'est avec un plaisir immense qu'ils y reviennent. «Habituellement, on fait des festivals à la fin des tournées, comme en 2007, aux FrancoFolies de Montréal. Cette année, nous avons décidé de casser la routine, et le concert de Québec suivra celui de l'Olympia à Paris, qui ouvre la tournée.» Un choix inhabituel, mais le groupe n'a pas su dire non à l'invitation lancée. «Nous gardons d'excellents souvenirs de nos séjours au Québec, où on nous accueille toujours comme si nous n'étions jamais partis.» Peut-être pour remercier cette fidélité, mais aussi pour se faire plaisir, Indochine proposera un concert unique. «On peut s'attendre à tout, précise le guitariste. Indo, c'est 30 ans de carrière et un nombre incroyable de tubes, alors ça devient difficile de faire une "check-list".» Chose certaine, et même si Indochine n'aime pas regarder le passé, son célèbre Aventurier sera du lot.

Hasard du calendrier, le concert a lieu le jour de la Fête nationale des Français. «Ce soir-là, on se sentira surtout francophones», prévient le compositeur, regrettant le manque d'ouverture des festivals français à cette culture. Avant d'ajouter: «Heureusement qu'il y a Internet pour se nourrir de cette diversité culturelle inspirante... » Le piratage? Il n'en a cure. «C'est trop facile de taper sur les doigts des internautes qui téléchargent. L'important, c'est que les concerts cartonnent, et tant que les gens se déplacent, je ne vois pas de mal à ce qu'ils piratent, comme nous le faisions il y a 20 ans en copiant les 33 tours sur des cassettes.»

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Par ailleurs, le nouveau prix Miroir de la Renommée a été remis hier à Indochine. Décernée pour la première fois cette année par le Festival d'été de Québec, cette distinction souligne le caractère exceptionnel de la carrière du groupe. Le jury, composé d'artisans de la scène culturelle, a salué le travail de la formation: Indochine a vendu plus de cinq millions d'albums en 30 ans et a su se réinventer pour séduire un public multigénérationnel.

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Collaboration spéciale