Orquestra Anacaona en concert - Une autre légende cubaine

Les musiciennes de l’orchestre Anacaona
Photo: Les musiciennes de l’orchestre Anacaona

Elles sont l'inverse du Buena Vista. Alors que les célèbres papys se sont rassemblés à l'initiative d'un producteur et d'un musicien étrangers, les musiciennes de l'orchestre Anacaona ont fondé en 1932 une véritable institution cubaine, reconnue comme un héritage national un demi-siècle plus tard. Avec le temps, les anciennes ont laissé la place à de plus jeunes musiciennes. Mais il existe pourtant un point commun entre les deux: Omara Portuondo, qui a chanté avec toutes ces légendes. Celles de l'actuel Anacaona porteront leurs son, mambo, danzón, salsa, bachata, balades, merengue, et cumbia sur la scène du Kola Note chaque jeudi du mois de juin et reviendront le 25 juillet à la place Émilie-Gamelin lors du FINA.

«Nous fûmes le premier septeto féminin de l'histoire cubaine et nous sommes arrivées à une époque très difficile pour les femmes. Mais les années 30 correspondent aussi à un important mouvement féminin chez nous», affirme Georgia Aguirre-Gonzalez, l'actuelle directrice musicale de la formation. Le «septeto» était l'orchestre typique du son cubain dans les années 20 et 30. Aux cordes traditionnelles du son, on avait déjà ajouté la trompette. La formule a précédé celle du «conjunto» qui, avec une section complète de cuivres, annonçait la salsa.

La directrice musicale raconte. «En 1934, nous nous sommes inspirées du jazz-band avec trompette, trombone et saxophone, tous joués par des femmes. Puis, nous nous sommes produites dans les cafés en plein air et dans les grands hôtels de La Havane. Dès 1938, nous avons commencé à voyager partout. À Montréal, nous proposons un mélange de styles qui inclut du répertoire de Jesus Alejandro El Niño, le complice de votre Florence K.» Une fois de plus, la frontière entre les mondes est si petite...

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Collaborateur du Devoir

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- Au Kola Note, les 11, 18 et 25 juin à 21h. Renseignements: 514-274-9339

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