Un disque et un spectacle pour L'ABAT

Richard Desjardins, grand défenseur de la forêt boréale, compte amasser entre 18 000 $ et 20 000 $ pour maintenir les activités de L’ABAT et s’assurer que le groupe de pression soit «bien outillé» pour défendre son point de vue en commission
Photo: Jacques Grenier Richard Desjardins, grand défenseur de la forêt boréale, compte amasser entre 18 000 $ et 20 000 $ pour maintenir les activités de L’ABAT et s’assurer que le groupe de pression soit «bien outillé» pour défendre son point de vue en commission

Et il continue le combat. Indomptable. Indéracinable, si j'osais le mot. Richard Desjardins convoquait de bon matin hier les médias au Medley, afin de redire que ça ne repousse pas des masses du côté de la forêt québécoise («... avant, tu pouvais pas toucher à un arbre entre six et huit pouces, aujourd'hui t'en cherches un... ») et surtout pour dévoiler sa stratégie de relance de la campagne de sensibilisation de L'Action boréale Abitibi-Témiscamingue: un spectacle, un disque.

Quatre ans après Les Rendez-vous d'Action boréale, un nouveau spectacle-bénéfice aura donc lieu le 3 septembre au Medley: pas l'habituelle formule à 32 vedettes sur scène, a précisé Desjardins, mais une sorte de bivouac à quatre. Quatre, c'est façon de parler: Richard lui-même, Fred Pellerin, Zachary Richard et... Mes Aïeux au grand complet. En formule acoustique, sauf pour Mes Aïeux, qui seront en formule Mes Aïeux. Fred Pellerin animera, comme de bien entendu, mais grattera sa sèche itou, et chantera. «Ça va être dénudé, y aura pas de house band, ça va être le talent brut qui va parler. Je sais que Fred a l'intention de mettre pas mal du sien, il veut chanter, et chanter avec moi. Je lui ai dit: "Faudrait que je t'entende... " Il rêve de chanter avec Zachary aussi. Probablement qu'on va faire ça. Du tuilage, comme disent les Français. Chanter un par-dessus l'autre.»

Note à Richard Desjardins: Fred et son frère Nicolas ont enregistré un album trad formidable en 2007. Fred chante fichtrement bien. Ça va faire un duo du tonnerre. L'intérêt, ici, est de laisser à chacun des participants du temps: à 20-25 minutes chacun, plus les duos, trios et numéros collectifs, ça permet de creuser sous le pergélisol des spectacles-bénéfices et d'aller au coeur des choses. À 30 $ l'entrée (35 $ à la porte), c'est franchement donné, d'autant que Richard Desjardins promet d'étrenner quelques belles nouvelles. Précisons qu'on limitera la jauge du Medley à 1200 places (sur les 1800 possibles), assurant un peu de confort au spectateur: à L'ABAT, l'espace vital, on comprend ça.

Le disque, dont la parution est prévue à l'automne («... ça devrait être prêt pour l'assemblée générale de L'Action boréale... »), sera une compilation d'enregistrements existants, mais de haut niveau. Desjardins a dressé une longue liste de «chansons évoquant notre territoire». Les démarches auprès des auteurs et compositeurs sont en cours. Titre de travail: Territoires. Desjardins, à qui on essayait de soutirer un nom ou deux, n'a pas plus bronché qu'un bouleau par gros vent. «Devinez.» Pas difficile. Pensez aux plus grandes chansons d'ici parlant d'ici. On ne dit pas non à Richard Desjardins. On consultera le site www.actionboreale.org au fil

des confirmations.