Dixième anniversaire - Mutek s'ouvre sur la ville

Photo Jorge camarotti
Le danseur Andrew Turner dans une scène du spectacle de danse contemporaine et de musique Auto-Fiction.
Photo: Photo Jorge camarotti Le danseur Andrew Turner dans une scène du spectacle de danse contemporaine et de musique Auto-Fiction.

Chaque année, de grands journaux français comme Le Monde ou encore différents magazines américains délèguent leur envoyé spécial pour couvrir le festival Mutek. L'année dernière, 54 % du public de ce festival à la fine pointe de la musique électronique provenait ainsi de l'extérieur de Montréal.

Pourtant, le grand public d'ici connaît encore très peu ce fleuron de l'industrie culturelle. Pour sa dixième édition, qui commence ce soir, Mutek entend corriger le tir avec un nouveau volet extérieur présenté sur les façades d'édifices de différents quartiers de la métropole.

Ce nouveau volet, nommé Inter_sections, présente ainsi de gigantesques installations vidéo aux quais du Vieux-Port, sur le site du futur édifice 2-22 (angle Sainte-Catherine et Saint-Laurent) et sur deux immeubles du boulevard Saint-Laurent situés au nord et au sud de la rue Duluth. Aussi, une voiture sera le point central du spectacle de danse contemporaine et de musique Auto-Fiction présenté gratuitement à 13h et à 17h aujourd'hui, demain et vendredi, sur l'esplanade de la Place des Arts.

«On voulait que les gens de la rue puissent venir par hasard», souligne Vincent Lemieux, programmateur, avec Alain Mongeau, du festival. «On désire s'intégrer au tissu social et bien marquer Mutek dans le cycle des festivals montréalais.»

En plus d'Inter_sections, cette dixième édition retrouve des artistes habitués du festival, mais elle marque aussi une plus grande diversité musicale. Plutôt que de s'en tenir aux deux pôles que sont l'expérimentation musicale et la musique house, Mutek s'ouvre depuis peu aux tendances éclatées qui composent aujourd'hui la musique électronique. Des influences hip-hop, ragga et dubstep pourront ainsi y être entendues pendant les cinq jours du festival.

«Le langage de la musique électronique est mieux compris par plus de gens aujourd'hui, remarque Lemieux, mais la programmation s'est aussi élargie au fil des ans. Il y a eu des artistes qui ont fait le pont entre la musique électronique et d'autres musiques plus pop. Il y a aussi beaucoup d'artistes dont on suivait déjà le parcours et qui nous ont fait cheminer vers d'autres genres. Modeselektor en est un bon exemple.»

Toujours présent avec des événements en Europe et en Amérique latine (dont un festival annuel au Mexique et un au Chili), les 10 ans de Mutek marquent ainsi le début d'une nouvelle ère. Parmi la grande variété des événements prévus, notons la série de soirées dansantes Nocturne, au Métropolis et à la SAT, avec Zombie Zombie et Pilooski ce soir, Moderat (Modeselktor vs Apparat) demain, Ghislain Poirier, Jahcoozi et Nortec Collective vendredi, ainsi que Carl Craig et Moonstarr samedi.

La série A/Visions présente plutôt des explorations musicales tous les soirs au Monument-National (Gas, Burnt Friedman, Martin Tétrault, Michel Langevin, SND, Alva Noto et Atom TM, entre autres), tandis que Robert Henke et Christopher Bauder offriront en première nord-américaine leur impressionnante installation d'art visuel composée de ballons, vendredi et samedi, au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.

Collaborateur du Devoir

- www.mutek.ca.