Concerts classiques - Risqué!

Cette soirée-bénéfice scénarisée par Benoît Côté, mise en scène par Marie-Josée Chartier, se voulait «empreinte de magie». La volonté d'extirper le concert d'un rituel conformiste est vraiment la marque distinctive de Véronique Lacroix.

Cette remise en cause comporte des risques. Et celui de faire parler un masque de Ravel posé sur un fauteuil d'infirme et dont un brancardier triture les neurones pour faire sortir des jouets en plastique était un peu gros. Je caricature un peu, mais bon, cela ne marchait pas. On oublie ce théâtre-là et on lit le Ravel de Jean Echenoz, sur les mêmes prémisses: les dernières années du compositeur.

Ma mère l'Oye, dirigé avec un romantisme exacerbé par Véronique Lacroix et mené au début par Boris Brott de manière beaucoup plus cérébrale, était entrecoupé par quatre créations.

Ochus Bocus vaut pour la recherche de sonorités des sphères (début) et pour l'efficace épilogue. La partie médiane se perd un peu. Même reproche pour X is for Xerxes de Nicole Lizée, un jeu de dissymétries de type John Adams intéressant au début, qui se dilue dans un gros trou bavard et qui finit de manière plus concentrée. Il y a là du bon matériel à travailler.

Moulin de l'éphémère semble, après une longue introduction à la harpe, être un hommage à la musique arabo-andalouse, puis est dominé par la danse avant de passer à autre chose, peu dérangeant et peu déterminé. Quant au Concerto «Fisher Price», pour diverses flûtes à bec, c'est une contribution au chapitre «l'humour en musique»... du moins, on l'espère!

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Collaborateur du Devoir

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ECM+. «Jardin féérique»
Ravel: Ma mère l'Oye. Paul Frehner: Ochus Bochus. Maxime McKinley: Concerto «Fisher Price». Katia Makdissi-Warren: Moulin de l'éphémère. Nicole Lizée: X is for Xerxes. Matthias Maute (flûte à bec), Philippe Racine (comédien), ECM+ et Orchestre de chambre McGill, Véronique Lacroix et Boris Brott. Salle Pierre-Mercure, le 6 mai 2009.

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