Roger Hodgson à la salle Wilfrid-Pelletier de la PdA - Chez nous comme chez lui

En première partie, hier au premier des quatre soirs à guichets quasi fermés de Roger Hodgson à la salle Wilfrid-Pelletier de la PdA, je les trouvais presque tranquilles. Les fameux fans montréalais de Supertramp, je veux dire. Ovationnant à tout rompre les ovationnables d'office, Give A Little Bit, Sister Moonshine, The Logical Song bien entendu, mais pas aussi extatiques que d'habitude. Où étaient donc les fous de Fool's Overture, réclamant d'ordinaire la pièce de résistance de l'album Even In The Quietest Moments entre toutes les chansons?

L'effet Star Académie, déduisais-je: les autres fois, Hogdson s'arrêtait un soir, les trois mille maniaques étaient au rendez-vous, délirants, débordants, intempestifs de bonheur. Hier, c'était le grand public de Supertramp, trois des 12 000 spectateurs attendus (auxquels il faut ajouter un plein Grand Théâtre de Québec et deux fois le Granada de Sherbrooke), de toute évidence des gens qui pour la plupart ont revu Hodgson lors de son passage à la Star Ac', se sont rappelés que c'était fichtrement bien, du Supertramp, ont constaté que que le gars est encore bougrement bon et atteint encore toutes les plus hautes notes de ses refrains haut-perchés. Et que ce serait bien d'aller le voir en spectacle. Dont acte.

De nouveaux anciens fans, quoi. Moins maniaques? À peine, finalement. Ils se sont souvenus en deuxième partie que tout a commencé ici en 1974, avec l'album Crime Of The Century. Avec School tous les matins à CHOM. Cinq ans avant le reste de l'Amérique. Aux États, Hodgson aurait offert les méga-succès de palmarès de l'album le plus commercial du groupe, Breakfast In America, en bouquet final: Take The Long Way Home, The Logical Song, la chanson-titre. Hier, Hogdson donnait son show québécois, servant Dreamer et School en coups de grâce, et réservant pour la toute fin l'épique Fool's Overture, la plus belle, la plus longue, la plus prog, jouée au grand complet, une version immense.

Hier, Roger Hodgson se sentait «chez nous comme chez lui», et il l'était. Et son triomphe était encore plus grand que les fois précédentes, car il avait transcendé son handicap d'ex-Supertramp: son nom. Hier, tout le monde savait que Roger Hogdson est une réunion de Supertramp à lui tout seul et que, solidement soutenu par le multi-instrumentiste Aaron MacDonald, il suffit à remplir totalement l'espace. Et le souvenir. Et qu'on passe deux formidables heures en sa compagnie.

À voir en vidéo