Musiques du monde - L'appel à l'Afrique

L’artiste malien Habib Koité
Photo: L’artiste malien Habib Koité

Fils de griot et guitariste de formation classique, Habib Koité fut l'un des premiers à concevoir une approche panmalienne de la musique, puisant à la fois dans les cultures mandingue, peuhl et songhaï. Maintenant considéré sur la scène internationale comme l'un des plus importants artistes de son pays, il revient mardi soir au Club Soda pour présenter le disque Afriki pour la deuxième fois depuis sa parution.

Ce disque, Habib Koité l'a écrit pour l'Afrique, pour faire avancer les choses, pour que les gens se mettent au travail. «Personne ne le fera à notre place, disait-il l'an dernier. Dans ce disque, je parle des potentialités et des défis du continent. Ce que la musique peut faire, c'est lancer un message tout simple en espérant la réaction des autres.»

Cet appel, tout comme plusieurs des autres messages moraux qu'il transmet, il le chante avec une voix moins haut perchée que plusieurs autres Maliens, l'habille de sa guitare fluide, le laisse couler dans ses folk intimes doucement rythmés ou chaloupés, le fait danser dans ses pièces à la syncope reggae ou à la cadence latine, l'enrobe de cordes d'antilope et de voix rugueuses, le fait même blueser dans une pièce, un peu à la manière du regretté Ali Farka Touré.

Les suites d'un projet

Après le décès en 2007 du plus célèbre citoyen de Niafunké, Habib Koité s'est joint aux artistes touaregs de Tartit et à Afel Boucoum, l'un des héritiers spirituels d'Ali Farka Touré, pour présenter Desert Blues, qui mélangeait trois genres de musique.

Cette année, Habib Koité voulait parler des suites de ce projet.

«Un producteur des Hautes Maritimes m'a approché pour mettre en scène l'opéra Kirina. Je jouais avec mon groupe Bamada, un chef de choeur, un marionnettiste, une troupe d'acrobates et une douzaine d'enfants maquillés. Chaque soir, 600 autres jeunes faisaient les choeurs. Ce fut fabuleux.»

Et que nous réserve-t-il mardi soir? Le concert de l'an dernier fut l'un des plus calmes. «Nous serons six avec la même équipe. On a créé des parties improvisées dans certaines pièces et des pas de danse pour d'autres. Toutes ont beaucoup évolué.» Le connaissant, on le croit sur parole.

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Collaborateur du Devoir

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Au Club Soda, le 14 avril à 20h.

Renseignements: 514 908-9090.

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