Musique classique - Bonney, Brahms et branding

Le directeur artistique et chef principal de l’Orchestre Métropolitain, Yannick Nézet-Séguin, qui célébrera son dixième anniversaire dans ses fonctions, promet un début de saison fulgurant.
Photo: Pascal Ratthé Le directeur artistique et chef principal de l’Orchestre Métropolitain, Yannick Nézet-Séguin, qui célébrera son dixième anniversaire dans ses fonctions, promet un début de saison fulgurant.

L'Orchestre Métropolitain, qui ne s'appellera plus désormais «du Grand Montréal», a présenté sa prochaine saison. Il donnera six concerts à la Place des Arts, un à Saint-Jean-Baptiste et dix-huit dans les arrondissements montréalais.

Le premier enseignement est la présence confirmée de Yannick Nézet-Séguin pour la majorité des programmes, malgré un emploi du temps désormais très chargé, entre Rotterdam, Londres, Montréal, et des invitations un peu partout.

Le corollaire en est une saison «densifiée» dans sa première partie: sur les huit concerts de la saison, six seront donnés entre la mi-septembre et la mi-janvier, Yannick Nézet-Séguin ne retournant ensuite à Montréal que pour la clôture: la 8e Symphonie de Mahler le 20 juin 2010 à la Salle Wilfrid-Pelletier, avec la participation de l'Orchestre du Centre National des Arts. Cette Symphonie des Mille sera présentée ensuite deux fois à Ottawa.

La saison s'ouvrira le 14 septembre avec la soprano Barbara Bonney dans cinq lieder avec orchestre de Richard Strauss, lors d'un programme comportant Don Juan et Ein Heldenleben, l'oeuvre que Yannick Nézet-Séguin dirigera à la tête de l'Orchestre de Rotterdam en tournée à Ottawa (à Montréal, autre étape de cette tournée, nous entendrons le Concerto pour orchestre

de Bartók).

Dans la veine romantique allemande, on trouve Bruckner, avec la 1re Symphonie, et Brahms, avec le 1er Concerto pour piano joué par Nicholas Angelich. Le Métropolitain, qui invitait fort peu de solistes ces dernières années, se rattrape... Autre grande symphonie allemande: la 2e de Schumann, le 9 novembre, lors d'un concert où se poursuivra l'intégrale des Symphonies londoniennes de Haydn, avec la 103e, «Roulement de timbales». Deux semaines plus tard, le chef québécois dirigera un programme français comprenant le Concerto pour piano de Poulenc, avec Angela Cheng, La Tragédie de Salomé de Florent Schmitt et Ma mère l'Oye de Ravel.

Le programme russe du mois d'octobre, aussi présenté dans les arrondissements, sera confié au chef anglais Leo Hussain et comprendra notamment le Concerto pour violon de Tchaïkovski avec Yossif Ivanov et la 2e Symphonie de Borodine. Un concert, Noël à l'opéra, à l'Église Saint-Jean-Baptiste, sera confié à Giuseppe Pietraroia, alors qu'en avril, une série de concerts en arrondissements, intitulés Airs de jeunesse, dirigés par Pierre Tourville, viseront à encourager les talents locaux.

Nouvelle image

Pour enrober tout cela, l'orchestre s'offre une cure de jouvence, ce qu'en termes marketing on appelle une opération de rebranding, d'où la disparition des termes «du grand Montréal» et une nouvelle identité visuelle.

Celle-ci se veut «directement inspirée de la modernité et de la créativité de son chef,

Yannick Nézet-Séguin», pour l'agence Nolin BBDO, qui a piloté l'opération. Aux yeux de Yannick Nézet-Séguin, cette présentation «reflète bien l'orchestre: dynamique, stimulante, originale et tournée vers l'avenir tout comme la couleur verte qui la caractérise».

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