Britney Spears au Centre Bell - Mascarade et popotin

Oui. Britney va bien. Elle va mieux, du moins. Après l'avoir vue fracasser les sommets, puis plonger dans un brasier que la presse à potins s'est empressée d'alimenter, voilà que Spears remonte sur la scène. Si elle est loin de renaître de ses cendres, elle en émerge. Lentement.

Une multitude de filles vêtues de microjupes et de talons aiguilles, de préadolescentes et leurs parents ainsi que quelques disciples masculins venaient célébrer, vendredi, le retour sur scène de Britney Spears.

Dire que les attentes étaient élevées tiendrait du mensonge. Depuis le début de la tournée, entamée au début du mois, la rumeur veut que la diva use de la présonorisation lors des 90 minutes que dure sa prestation. On s'était fait à l'idée, en se disant qu'au moins, en mimant les paroles, elle pourrait danser.

C'est ce qu'elle a fait.

Elle s'est exécutée sur ses récents succès (Circus, Piece of Me, Womenizer) et ses plus anciens (Me Against the Music, en version Bollywood, Toxic, Baby One More Time) sans passion, et surtout sans émotion devant un public qui gratifiait la chanteuse de ses encouragements. Tout en glissant ici et là un sourire à la foule, Britney s'est trémoussée sur des chorégraphies relativement simples en faisant du lip-sync sur ses pistes. Mais les 22 000 personnes assises dans les gradins n'ont pas rechigné. Malgré ses frasques capillaires, vestimentaires et judiciaires, on l'aime, la belle. Et ça, c'est fascinant.

La Britney d'avant, celle qui a porté la responsabilité de l'hypersexualisation des jeunes filles était bien chaste à l'époque si l'on compare à ce qu'elle montre désormais. Durant le spectacle, l'ancienne protégée de Madonna parade dans une douzaine de costumes différents dont les designers — torontois — semblent avoir puisé leur inspiration dans un sex-shop. Ses nouveaux habits révèlent d'ailleurs bien plus que ses pantalons taille basse ne pouvaient en laisser deviner dix ans plus tôt.

Voir Britney se dandiner en petite culotte est une chose, mais en regardant la foule féminine, dont la relève est sans surprise composée de filles prépubères d'à peine 11 ans, il était impossible de ne pas ressentir un certain malaise à la vue des quelques chorégraphies et vidéos qui avaient de quoi titiller les ardeurs. Ça fait partie du cirque. N'empêche que ces vidéos, couplées à l'énergie des danseurs de la troupe et des acrobates et jongleurs qui composaient son cirque, apportaient du pep au spectacle que Britney Spears ne pouvait porter à elle seule sur ses frêles épaules.

- Le spectacle Circus de Britney Spears s'arrêtera de nouveau à Montréal le 5 mai prochain.